Immigration intégration: cinq recommandations

La plateforme De Levante et la branche néerlandaise de la Fondation Minorités ont organisé une session de remue-méninge avec des intellectuels et des personnes issues du monde politique et de la société civile pour donner la version nord-européenne des recommandations possibles autour de la question de l’intégration et des migrations dans le cadre de l’Union euro-méditerranée. On sait que cette discussion est limitée par le fait que ses résultats exigent l’accord des 49 pays présents, qui vont des « nouvelles » démocratie d’Europe de l’Est aux vieux pays d’immigration, des dictatures à des pays d’émigration qui ont du mal à lâcher prise de leurs anciens ressortissants. Je vous laisse imaginer le prix d’un tel consensus.
La plateforme De Levante et la branche néerlandaise de la Fondation Minorités ont organisé une session de remue-méninge avec des intellectuels et des personnes issues du monde politique et de la société civile pour donner la version nord-européenne des recommandations possibles autour de la question de l’intégration et des migrations dans le cadre de l’Union euro-méditerranée. On sait que cette discussion est limitée par le fait que ses résultats exigent l’accord des 49 pays présents, qui vont des « nouvelles » démocratie d’Europe de l’Est aux vieux pays d’immigration, des dictatures à des pays d’émigration qui ont du mal à lâcher prise de leurs anciens ressortissants. Je vous laisse imaginer le prix d’un tel consensus.

Malgré cela, le groupe de travail basé à Amsterdam a décidé de rendre ses trouvailles publiques. Voici les cinq recommandations que nous faisons:

 

 

1. Faire de la place pour les non-religieux

 

Les migrants sont fatigués d’être associés de force à une religion, d’être assignés à une seule identité liée à la religion. Seuls les représentants religieux semblent considérés comme des interlocuteurs légitimes par les autorités et seuls les projets religieux retiennent l’attention du politique. Il faut que les laïcs, athées, agnostiques, religieux et séculiers de toutes origines puissent avoir un espace d’expression qui ne soit pas lié à la religion, aussi bien en politique qu’en ville, dans les débats que dans la société civile.

 

 

2. Les migrations sont différentes

 

Les histoires et trajectoires migratoires sont différentes, avec des apports et d’éventuels problèmes totalement différents. Avant de commencer à parler de migration, il faudrait reconnaître la diversité des parcours, aussi bien des groupes que des individus. Chacun a des problèmes spécifiques, chacun a une histoire différente, une identité différente et apporte quelque chose d’unique à la société.

 

 

3. Les discriminations sont intolérables

 

Une grande partie des problèmes associés à l’intégration sont le fruit des nombreuses discriminations négatives que doivent subir les minorités, aussi bien pour se loger, travailler ou se détendre. À l’Union européenne et aux États de lutter activement contre ces discriminations, avec des amendes sévères, le retournement de la charge de la preuve, l’exclusion des marchés publics et la publication de la liste des entreprises coupables de discrimination. Il faut mettre fin à l’impunité dès qu’il est question des discriminations.

 

 

4. Une politique active de diversité

 

Le terme de discrimination positive est chargé, cependant trop peu d’efforts ont été faits pour favoriser la diversité dans les cercles de pouvoir à tous les niveaux, que ce soit dans les gouvernements ou au sein des entreprises privées. Quitte à l’appeler autrement, il faut casser la culture d'endogamie et inventer des méthodes pour que les gens de talent, quelle que soit leur sexe et leur origine, aient les mêmes opportunités d’accès au pouvoir, qu’il soit politique, économique ou culturel.

 

 

5. Focaliser les efforts sur les femmes immigrées

 

Les femmes sont l’avenir de l’homme, et leur rôle est central aussi bien pour la richesse de tous que dans l’éducation de la prochaine génération. S’il est un groupe clé, c’est bien celui des femmes. Nous appelons les gouvernements à investir massivement dans l’émancipation des femmes immigrées, quel que soit leur origine, leur âge ou leur statut social. Sans elles, point d’intégration.


Laurent Chambon

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