Immigration intégration: cinq recommandations
Malgré cela, le groupe de travail basé à Amsterdam a décidé de rendre ses trouvailles publiques. Voici les cinq recommandations que nous faisons:
1. Faire de la place pour les non-religieux
Les migrants sont fatigués d’être associés de force à une religion, d’être assignés à une seule identité liée à la religion. Seuls les représentants religieux semblent considérés comme des interlocuteurs légitimes par les autorités et seuls les projets religieux retiennent l’attention du politique. Il faut que les laïcs, athées, agnostiques, religieux et séculiers de toutes origines puissent avoir un espace d’expression qui ne soit pas lié à la religion, aussi bien en politique qu’en ville, dans les débats que dans la société civile.
2. Les migrations sont différentes
Les histoires et trajectoires migratoires sont différentes, avec des apports et d’éventuels problèmes totalement différents. Avant de commencer à parler de migration, il faudrait reconnaître la diversité des parcours, aussi bien des groupes que des individus. Chacun a des problèmes spécifiques, chacun a une histoire différente, une identité différente et apporte quelque chose d’unique à la société.
3. Les discriminations sont intolérables
Une grande partie des problèmes associés à l’intégration sont le fruit des nombreuses discriminations négatives que doivent subir les minorités, aussi bien pour se loger, travailler ou se détendre. À l’Union européenne et aux États de lutter activement contre ces discriminations, avec des amendes sévères, le retournement de la charge de la preuve, l’exclusion des marchés publics et la publication de la liste des entreprises coupables de discrimination. Il faut mettre fin à l’impunité dès qu’il est question des discriminations.
4. Une politique active de diversité
Le terme de discrimination positive est chargé, cependant trop peu d’efforts ont été faits pour favoriser la diversité dans les cercles de pouvoir à tous les niveaux, que ce soit dans les gouvernements ou au sein des entreprises privées. Quitte à l’appeler autrement, il faut casser la culture d'endogamie et inventer des méthodes pour que les gens de talent, quelle que soit leur sexe et leur origine, aient les mêmes opportunités d’accès au pouvoir, qu’il soit politique, économique ou culturel.
5. Focaliser les efforts sur les femmes immigrées
Les femmes sont l’avenir de l’homme, et leur rôle est central aussi bien pour la richesse de tous que dans l’éducation de la prochaine génération. S’il est un groupe clé, c’est bien celui des femmes. Nous appelons les gouvernements à investir massivement dans l’émancipation des femmes immigrées, quel que soit leur origine, leur âge ou leur statut social. Sans elles, point d’intégration.
