Christine Boutin revient à la charge
Christine Boutin dresse son propre bilan dans le quotidien gratuit Métro : « Franchement, personne n’imaginait à l’époque qu’on se retrouverait avec seulement 6% des pacs contractés par des homosexuels. Pour moi, c’est une divine surprise ! ». Elle revendique avoir « fait sauter le bouchon du tabou de l’homosexualité en France ». Libérée d’une autocensure dans laquelle sa présence au gouvernement et à l’Assemblée nationale la contraignait, elle poursuit en assénant que seul le mariage religieux procure stabilité, engagement sur le long terme.
Dans un entretien diffusé sur le site du Journal du dimanche, elle juge que le pacs « n'est pas un progrès en matière d'engagement des couples. Dans la mesure où le Pacs ne répondait pas à une demande, même émanant des homosexuels, il est bien évident qu'il est venu fragiliser le mariage. » Le mariage civil constitue, selon elle, la « protection du plus faible au moment de la séparation, et donc souvent de la femme. Le Pacs, au contraire, n'offre aucune garantie de ce type. Conclusion, les Français, plus malins que les politiques, ont surtout utilisé un nouveau contrat qui leur permet de ne pas s'engager dans la durée, avec le risque de fragiliser les femmes au moment de la rupture. »
Au-delà de l’homophobie de ces propos, l’analyse de Christine Boutin révèle la molesse de la mobilisation de la communauté homosexuelle et le manque d’engagement des partis politique en faveur de l'égalité de tous, surtout à gauche. L'objectif de politique et des associations ne semble plus être d’abrogation du pacs et la réforme du mariage en y intégrant les couples de même sexe, comme c'est le cas en Espagne, en Belgique ou aux Pays-Bas.
Il faut souligner que grand nombre de partis chrétiens démocrates en Europe ont décidé de soutenir les demandes des couples du même sexe pour l'égalité juridique. De ce point de vue le parti de Christine Boutin est une réactionnaire exception.
