150.000 euros et une soumission totale à l’église catholique
Ce samedi, le roi Albert II de Belgique, son épouse ainsi que l’ensemble de la délégation belge c ont été reçu en audience par Benoît XVI dans le cadre de la canonisation du missionnaire belge Joseph De Veuster dit père Damien, célèbre pour son travail humanitaire pour les lépreux de l’île Molokai à Hawaii. La reine des Belges Paola portait un foulard blanc sur la tête pouvant être interprété par certains comme un symbole de soumission face au pouvoir de l’église catholique.
Le politologue Pierre Verjans déclare dans les quotidiens du groupe Vers l’Avenir : « Moi, ça ne me choque pas. Parce qu’il s’agit d’un acte privé. Le roi a le droit, comme n’importe quel Belge, de gérer sa conscience comme il l’entend. » Et le politologue de rappeler qu’argumenter que le geste du roi porte atteinte à la séparation entre Église et État, c’est oublier que la Belgique n’est justement pas, contrairement à la France, un Etat laïque.
Son avis n’est pas partagé par tout le monde. Critiquant ce déplacement à caractère religieux d’une partie importante de la classe politique belge mobilisant pas moins de 3 avions et coûtant environ 250.000 euros aux contribuables belges, le Centre d’Action Laïque (courant philosophique reconnu aux côtés des 5 autres cultes) a critiqué cet “exode gouvernemental” vers Rome en pleine discussion budgétaire en période de crise à Bruxelles tout en ajoutant “on aimerait savoir combien de lépreux auraient pu être soignés avec l’équivalent du coût inhérent à cette expédition“.
Invité ce lundi 12 octobre sur les ondes de la radio RTBF, Olivier Maingain, Président du FDF, s’est dit « très attaché » au principe de la laïcité de l’État. S’il n’est pas choqué qu’un bon nombre de ministres se rendent à la canonisation du père Damien, il estime qu’ils auraient dû y aller à leur frais. Qu’un représentant de l’Etat se rende à la cérémonie religieuse lui paraît normal mais qu’une bonne partie se déplacent au frais du contribuable est « malheureux au regard du principe de la séparation entre l’Etat et l’Eglise ». Selon Olivier Maingain, les plus hautes autorités de l’Etat doivent apprendre « à avoir un devoir de réserve vis-à-vis de n’importe quel choix philosophique ou religieux ». Et de s’interroger: « Est-ce que demain il faudrait financer le voyage de ministres qui iraient à la Mecque ou à d’autres cérémonies religieuses ? ».
Semsettin Ugurlu, Président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, refuse de faire un quelconque commentaire « qui risque d’alimenter la polémique. Je pense que tout le monde, y compris le roi, est libre de vivre sa religion dans ce pays. Nous sommes surtout attachés à l’égalité de traitement entre tous les cultes et la laïcité organisée ».
A titre de comparaison, le budget annuel 2008 de l’Exécutif des musulmans de Belgique s’élèvait à 203.000 euros.
