La Revue 160 : quelques mots

Après la tension de la semaine dernière, il fallait revenir sur un ton plus léger, mais pas pour autant superficiel. Dans notre envie de publier des textes qui répondent au besoin d'archives, Minorités choisit parfois des témloignages pointus, qui ne vont peut-être pas toucher des milliers de personnes, mais qui nous font plaisir. Qui connait Michel Cressole aujourd'hui? Récemment, un jeune sur FB me contactait parce qu'il était étonné de voir qu'il y avait finalement peu de documents sur des artistes comme Copi. Pourtant, Copi, c'est un grand nom mais on voit bien que même ces artistes qui ont écrit, dessiné, écrit et réalisé des pièces de théâtre finissent par disparaître du radar. Et les années passent, si vite que la nouvelle génération ne connait pas le nom de Copi, et ne lui rend pas hommage. Peut-être que sa famille ou les ayants-droits n'ont pas envie de faire vivre la mémoire de Copi. Mais nous pouvons, nous aussi, nous empparer de cette mémoire pour la faire vivre.
Après la tension de la semaine dernière, il fallait revenir sur un ton plus léger, mais pas pour autant superficiel. Dans notre envie de publier des textes qui répondent au besoin d'archives, Minorités choisit parfois des témloignages pointus, qui ne vont peut-être pas toucher des milliers de personnes, mais qui nous font plaisir. Qui connait Michel Cressole aujourd'hui? Récemment, un jeune sur FB me contactait parce qu'il était étonné de voir qu'il y avait finalement peu de documents sur des artistes comme Copi. Pourtant, Copi, c'est un grand nom mais on voit bien que même ces artistes qui ont écrit, dessiné, écrit et réalisé des pièces de théâtre finissent par disparaître du radar. Et les années passent, si vite que la nouvelle génération ne connait pas le nom de Copi, et ne lui rend pas hommage. Peut-être que sa famille ou les ayants-droits n'ont pas envie de faire vivre la mémoire de Copi. Mais nous pouvons, nous aussi, nous empparer de cette mémoire pour la faire vivre.

 

C'est ce qu'a fait Hélène Hazera cette semaine avec un texte en deux parties sur Michel Cressole. Je savais que Hélène voulait écrire ce témoignage depuis longtemps. Ca l'embêtait de tourner autour et on est contents à Minorités de lui donner le temps et la liberté de mettre ses souvenirs sur Internet. Avec Hélène, les souvenirs ce n'est jamais passéiste ou quoi, on apprend plein de choses sur l'époque de Michel Cressole, ce journaliste génial de Libération de la grande époque. C'était poubelle et chic à la fois. Et tout autour de ce portrait, il y a plein d'autres personnes qui apparaissent par la porte et là aussi, on réalise qu'il manque des archives. Il faudrait subventionner Lionel Soukaz pour qu'il ait enfin les moyens de montrer les rushes de ses films, toutes ces bobines de souvenirs qu'il a chez lui. Vous attendez quoi, qu'il disparaisse pour vous plaindre? Il faut faire quelque chose bordel.

 

Bori Son m'a contacté il y a quelques semaines et j'ai tout de suite vu qu'elle savait écrire et je lui ai proposé de m'écrire un texte sur son arrivée en France en 1995 de sa Corée natale. Et elle me fait un texte super où elle raconte qu'en fait, son intégration en France est passée par une bande de pédés qui s'est occupé d'elle, qui l'ont accompagnée en boite, qui lui ont fait découvrir la house. Déjà, c'est intéressant à plein de niveaux. Mais ce qu'elle dit à la fin de son texte sur l'étrange tournure du milieu gay parisien est encore plus révélateur. En 17 ans, on est vraiment passés d'une communauté de gens corrects à de gros porcs. Le Marais, c'est vraiment l'enfer. Et donc on est là, sur la même longueur d'onde : le temps est passé et les gays doivent s'ouvrir d'avantage sur les autres au lieu de se replier sur eux-mêmes, au stade effrayant où le Marais, au lieu d'être un endroit sympa, devient un sujet de dégoût.

 

Et j'en rajoute une couche, hors-Revue, sur Michel Cressole. C'est pas que j'avais envie de mettre mon grain de sel car il y a plusieurs histoires dans ce texte que j'ai déjà racontées. Mais la fin, c'est qu'on regrette que les Michel Cressole de ce monde soient décédés du sida, d'abord parce que c'est triste et puis parce qu'ils nous manquent. S'ils étaient là, on serait moins paumés, et ils foutraient le bordel. Parce que le bordel, c'est pas l'inter LGBT qui va le faire, on est d'accord.


Didier Lestrade

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