La Revue 159 : quelques mots

Et ça s'est passé comme on voulait. Cela faisait longtemps que Minorités devait revenir sur les questions d'impérialisme LGBT après les échanges sur Rue89. Et ça s'est fait calmement avec le temps qu'il fallait, dans le respect de chacun et chacune. Cette Revue de Minorités était attendue, même si notre position reste la même, tout en apprenant sans cesse plein d'avis différents. D'ailleurs, les trois textes principaux de cette Revue ont été tout de suite repris par Rezo.net. Cette jonction entre les minorités se fera lentement, finalement. Lors de sa récente conférence à Paris, Angela Davis a dit quelque chose comme « La situation en France est encore plus complexe qu'aux Etats-Unis ». Plus tard : « La France reste un pays colonial ». Les retards en termes d'intégration sont tels dans notre pays que nous en sommes toujours à essayer d'assimiler les insultes qui nous sont adressées. On sert surtout de défouloir à la société. Musulmans ou LGBT, nous avons pourtant de nombreux points communs. C'est un constat qui aurait du être fait, avec les initiatives concrètes d'outreach, qui n'ont pas été faites à temps. Car le milieu LGBT reste tristement blanc.
Et ça s'est passé comme on voulait. Cela faisait longtemps que Minorités devait revenir sur les questions d'impérialisme LGBT après les échanges sur Rue89. Et ça s'est fait calmement avec le temps qu'il fallait, dans le respect de chacun et chacune. Cette Revue de Minorités était attendue, même si notre position reste la même, tout en apprenant sans cesse plein d'avis différents. D'ailleurs, les trois textes principaux de cette Revue ont été tout de suite repris par Rezo.net. Cette jonction entre les minorités se fera lentement, finalement. Lors de sa récente conférence à Paris, Angela Davis a dit quelque chose comme « La situation en France est encore plus complexe qu'aux Etats-Unis ». Plus tard : « La France reste un pays colonial ». Les retards en termes d'intégration sont tels dans notre pays que nous en sommes toujours à essayer d'assimiler les insultes qui nous sont adressées. On sert surtout de défouloir à la société. Musulmans ou LGBT, nous avons pourtant de nombreux points communs. C'est un constat qui aurait du être fait, avec les initiatives concrètes d'outreach, qui n'ont pas été faites à temps. Car le milieu LGBT reste tristement blanc.

 

Pour commencer, la lettre de Madjid Ben Chikh à Houria Boutelja qui parle en son nom propre et au nom des Indigères de la République. Madjid est au centre de cette Revue car c'est surtout sur sa page FB que tout ce débat a commencé, avec plus de 100 commentaires, parfois violents mais souvent très denses. On pourrait les publier intégralement tellement ce fut intéressant. Enfin moi j'ai appris plein de trucs. Dans cette lettre à Houria, Madjid est... Madjid. Ce nouvel ami dans votre vie, celui qui dit ce que vous aimeriez dire.

 

Houria répond à Madid avec un style qui devient épistolaire, de femme à homme, mais de soeur à frère aussi. Son texte permet d'expliquer beaucoup de choses sur l'impérialisme gay, ou de l'homonationalisme, ou le nom qu'on voudra bien mettre sur le sujet et qui fera consensus. Cette fois, si une jonction entre les indigènes et les LGBT se précise, cela ne se fera pas en surface. Les interlocuteurs LGBT en face des Indigènes ne sont sûrement pas les mieux placés pour faire avancer le débat et surtout agir concrètement. On ne pourra pas se limiter à des bonnes intentions.

 

Pour rajouter de la substance à cette Revue, on a fait appel au Bougnoulosophe qui présente de nombreux concepts politiques, comme le « border thinking » qui permettent à chacun de mieux comprendre le point de vue de part et d'autres. Le travail va être rude car, encore une fois, ces idées sont rarement présentées à la communauté LGBT afin qu'elle puisse s'en emparer. C'est pourquoi nous avons aussi publié la plate forme du PinkBloc qui est un des rares groupes français qui élargit ses revendications LGBT à des préoccupations politiques plus larges. Et ils sont rares, les groupes LGBT qui creusent cette réflection, avec Tjenbé Rèd qui persiste sur la situation aux Antilles et ailleurs dans le reste de la France et Homosexuels Musulmans de France.

 

Enfin, il fallait que je donne mon point de vue sur le travail effectué à Minorités depuis 4 années sur ces sujets. Ce n'est pas pour défendre une légitimité, juste pour rappeler que c'est un sujet qui est au centre de nos réflexions et de nos envies. Maintenant, il est fondamental que la jeune génération se prononce sur le thème de cette Revue. La discussion ne peut se résumer aux "spécialistes" d'un certain âge, il faut que les jeunes puissent dire ce qu'ils pensent et s'engager dans une parole qui est occultée par les principales associations et médias qui nous "représentent". Je remarque, par exemple, que depuis plusieurs mois, enfin, des services sont proposées en banlieue parisienne pour apporter des tests de dépistage et de la prévention là où les associations n'allaient pas avant. Il faut parler de ça et des retours que cela entraîne. Et d'autres rêves de communication et de rencontres. La parole est libre ici.

 


Didier Lestrade

Imprimer

Enregistrer en PDF

Partager sur facebook

Partager cette article sur TwitterPartager sur Twitter

Restez dans la boucle

FacebookRetrouvez Minorités sur Facebook

TwitterSuivez Minorités sur Twitter