La Revue 136 : quelques mots

C'est la rentrée de Minorités. Mine de rien, c'est notre quatrième saison, le moment où il faut sortir les grossses munitions et les interviews avec des noms célèbres. Mais on commence toujours piano, sans tambours ni trompettes ni vuvulazas, sur le thème des travailleurs et travailleuses du sexe. Parce qu'on a trois textes complémentaires de la part de personnes qui se connaissent et qui s'estiment aussi.
C'est la rentrée de Minorités. Mine de rien, c'est notre quatrième saison, le moment où il faut sortir les grossses munitions et les interviews avec des noms célèbres. Mais on commence toujours piano, sans tambours ni trompettes ni vuvulazas, sur le thème des travailleurs et travailleuses du sexe. Parce qu'on a trois textes complémentaires de la part de personnes qui se connaissent et qui s'estiment aussi.

 

Hélène Hazera a décidé, comme ça, d'écrire un hommage à son amie Karima. Hélène, on le sait, a un gros problème quand il s'agit d'écrire sur ses ami(e)s disparu(e)s, elle se bloque, elle est bourrée de scrupules et d'interdits. Et déteste tirer la couverture à elle. Et là, c'est sorti d'un coup. Cet été, je reçois une première partie d'un texte qu'elle présente comme un feuilleton (spoiler here : en fait, il y a une première partie et une seconde, ce qui est un feuilleton... court) et je vois tout de suite l'ambiance : les années 70 quand j'ai rencontré moi-même Hélène, Barbès, Libé, le côté funky de Paris de l'époque. Et puis après plein de souvenirs, le Mexique, l'Algérie, les embrouilles, la prostitution. Ca me rappelle "Avant la Nuit" le film de Julian Schnabel vu au festival de Douarnenez où... Hélène était aussi. Donc j'ai dit tout de suite oui, car commencer l'année avec un texte d'une telle poésie, c'est plus qu'un hommage, c'est comme un porte bonheur pour les mois difficiles qui s'annoncent pour tous.

 

Thierry Schaffauser est une vigie pour nous. Dès qu'il se passe un truc sur le front de la prostitution, il est là à nous faire une alerte. Lors de la 19ème conférence internationale sur le sida de Washington, cet été, les travailleurs du sexe étaient... en Inde. Les USA sont toujours un pays impossible pour eux et elles, et si tout le monde s'est félicité de la fin des mesures d'interdiction sur le territoire américain des personnes séropositives, ça n'est toujours pas le cas pour les putes. Donc voilà, un rappel éclairant sur l'impact de la politique d'Obama concernant le travail du sexe, qui n'a pas évolué depuis la politique de Bush. Ah Obama, quelle déception (part 84705).

 

Et pour étoffer cette Revue à thème, une première contribution limpiiiiiiide de Morgane Merteuil pour Minorités. Morgane est au STRASS et expose ici en détail ce qu'on pense tous à chaque fois que l'on voit les féministes du PS sortir des trucs hallucinants sur la prostitution. On rêve quoi! C'est un peu comme ces pédés encartés au PS qui nous sortent depuis 15 ans que Delanoë fait un boulot fantastique à la mairie de Paris et que nos critiques relèvent d'un manque de solidarité communautaire! Non mais! C'est NOUS la communauté LGBT, pas lui! Et ce sont elles, les prostituées, qui ont le droit de dire ce qu'elles veulent, pas les féministes du PS! C'est difficile à comprendre, ça? On est les experts de nos corps, pas ceux qui nous regardent!

 


Didier Lestrade

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