La Revue 133 : quelques mots

Avalanche de textes pour cette Revue 133 qui fait suite à la précédente sur la solitude. Comment créer un intérêt avec un sujet si triste? Visiblement, ça manque et on a reçu plein de contributions, dont celles de 2 nouveaux à Minorités. Ce qui est beau dans ces témoignages, c'est qu'on parvient à donner un paysage assez réel de ce qui se passe, et là-dedans, il y a des envies de s'en sortir, peut-être même des recettes. Mais ce qui nous touche le plus, c'est la qualité de l'écriture. Minorités est en train de créer une école de l'élocution en encourageant des personnes qui n'écrivent pas toujours, ou qui n'abordent pas ces thèmes dans leurs blogs. C'est pas juste du "témoignage", ce qui est devenu une forme de tarte à la crême sur Internet, mais plutôt une manière de raconter des choses intimes tout en se plaçant dans un discours politique. C'est pas mal non?
Avalanche de textes pour cette Revue 133 qui fait suite à la précédente sur la solitude. Comment créer un intérêt avec un sujet si triste? Visiblement, ça manque et on a reçu plein de contributions, dont celles de 2 nouveaux à Minorités. Ce qui est beau dans ces témoignages, c'est qu'on parvient à donner un paysage assez réel de ce qui se passe, et là-dedans, il y a des envies de s'en sortir, peut-être même des recettes. Mais ce qui nous touche le plus, c'est la qualité de l'écriture. Minorités est en train de créer une école de l'élocution en encourageant des personnes qui n'écrivent pas toujours, ou qui n'abordent pas ces thèmes dans leurs blogs. C'est pas juste du "témoignage", ce qui est devenu une forme de tarte à la crême sur Internet, mais plutôt une manière de raconter des choses intimes tout en se plaçant dans un discours politique. C'est pas mal non?

 

Mysterious Scow n'a toujours pas fait son coming-out auprès de ses parents mais c'est pas grave, il le fera quand il voudra, mais il s'en approche de plus en plus. Ici il raconte une histoire d'amour avec un garçon et pourquoi ça c'est cassé la gueule alors que, finalement, tout allait assez bien. Dans la solitude, le problème de l'engagement est fondamental. You gotta let yourself go to fall in love.

 

Nick Alexander nous envoie des collines de l'arrière-pays niçois deux textes, en anglais et en français, qui racontent l'évolution de la drague depuis 20 ans et la difficulté de se rencontrer sans se comporter comme si on achetait 250gr de steak hâché. On jubile, c'est drôle mais triste à la fois, ça parle de Cambridge quand Mel & Kim faisaient leurs tubes. Love it.

 

DJSP est nouveau chez nous mais pas vraiment "nouveau nouveau" et là on aborde la solitude sous une forme choisie, qui ne l'est jamais vraiment bien sûr, là est toute la difficulté, et le confort apporté par une foi chrétienne qui n'est jamais facile à vivre non plus. Ce sujet de la foi chez Minorités, on est presque les seuls à l'aborder sans s'envoyer des insultes à la figure et c'est bien. On va continuer à parler de ça car bien sûr ça élargit le sujet de ce qui se passe avec l'islam. Mais c'est pas le centre du papier. DJSP a écrit son texte en une soirée, et c'est assez impressionnant. The dude can write.

 

Talk about dude. Vous avez vu cette merveille de Sad Punk? Ami Facebook depuis longtemps, c'est son premier texte pour Minorités et là aussi, quelle introduction... C'est l'angle de la solitude à travers quelqu'un qui est au centre de pas mal de choses, et qui voit que la porte de sortie pourrait être une remodélisation des relations homosexuelles post mariage gay, post ce-qui-est-en-train-de-se-passer. Bref, le loup des steppes ne restera peut-être pas seul longtemps.

 

Madjid.... Ah Madjid. Ou comment parler de sa solitude d'une manière totalement ouverte, avec un flashback historique car on est pas un prof pour rien, il faut mettre ça dans le contexte de notre jeunesse et de notre tendance à nous transformer en prédateurs pour jouir et éjaculer le plus possible. Et forcément, quand on a 50 ans, on se tourner vers les jeunes et on voit bien qu'ils sont dans une sexualité qui va dans tous les sens, hors des normes gay, bi, hétéro ou quoi, ce qui est bien. Mais du coup, c'est la consommation à outrance.

 

Enfin, je termine le bal (so to speak) de la solitude en faisant un check-up de la solitude qui nous est imposée aussi par ceux qui ont les sous et le pouvoir et qui, finalement, ne font qu'engranger sur notre dos. Avant, les patrons de bars donnaient le ton et nous faissaient aller de l'avant. Aujourd'hui, il vendent de la bière, point à la ligne. Et c'est un peu ce que j'ai toujours pensé sur la musique et les Daft Punk. Avec le fric et les réseaux qu'ils ont, normalement, la Gaité Lyrique, ça devrait leur appartenir. Ou créer un grand club. C'est ça,giving back. Quand on a le pouvoir, on s'arrange pour faire des choses pour les autres. Le Marais, aujourd'hui, c'est tout le contraire et c'est pour ça qu'on n'y va plus.

 

 


Didier Lestrade

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