La Revue 132 : quelques mots

En regardant sur Google, j'ai réalisé, mais je m'en doutais un peu, qu'il y avait très peu de choses, finalement, sur la solitude gay. On est tous là à bramer, filles et garçons, sur l'extrême fragilité de notre vie amoureuse et surtout du vide qui s'en empare, mais pas besef de livres, pas besef d'articles, pas besef de témoignages. Car on le sait tous : dans les lieux gays ou sur Internet, on doit se montrer en béton armé pour pécho. Vous allez dans le Marais, si vous n'êtes pas capabe de tenir face à cette dureté de la drague où on vous jette comme un chien - et encore son chien on le promotionne sur FB... On est dans une communauté qui est sensée nous offrir une protection, mais ce que vous devez prendre avant de sortir, c'est surtout une couverture de survie.
En regardant sur Google, j'ai réalisé, mais je m'en doutais un peu, qu'il y avait très peu de choses, finalement, sur la solitude gay. On est tous là à bramer, filles et garçons, sur l'extrême fragilité de notre vie amoureuse et surtout du vide qui s'en empare, mais pas besef de livres, pas besef d'articles, pas besef de témoignages. Car on le sait tous : dans les lieux gays ou sur Internet, on doit se montrer en béton armé pour pécho. Vous allez dans le Marais, si vous n'êtes pas capabe de tenir face à cette dureté de la drague où on vous jette comme un chien - et encore son chien on le promotionne sur FB... On est dans une communauté qui est sensée nous offrir une protection, mais ce que vous devez prendre avant de sortir, c'est surtout une couverture de survie.

 

Alors, on fait quoi? On se laisse marcher toujours et encore par les bars du Marais qui imposent leur manière de faire? On laisse ses copains solitaires et JAMAIS on va essayer de leur présenter un mec qui semble avoir les mêmes goûts? On fait des dîners de cons où il y en a toujours une qui est seule? Quand je me suis cassé le pied, il y a une semaine exactement, je savais que j'allais inaugurer une période de célibat avec un handicap nouveau : super, la jambe dans le plâtre. Je vous assure qu'il n'y a pas beaucoup de positions sexuelles qui restent au catalogue. Et c'est une illustration de ce qui se passe chez les pédés aujourd'hui. Si on n'est pas au top, on devient transparent. Les gens savent que vous êtes seuls, ils ne vous regardent même plus. C'était comme ça avant bien sûr, c'est vraiment pas un phénomène nouveau. Mais avec Internet, c'est devenu encore plus puissant. Alors on invente quoi pour sortir de ça?

 

Richard Mèmeteau se demande, lui aussi, si le mariage gay va être d'une aide quelconque pour tous ceux qui ne vont pas se marier. Bien sûr, la position de Minorités reste la même : on est plus à se demander si le mariage est bien ou pas, on le veut car on y a droit et on le demande pour ceux et celles qui le veulent. Mais dans ce texte, la question est posée du comment on vit ensemble (bouh je déteste cette expression) car c'est vraiment pas le mariage qui va nous apprendre à rassembler tous les gays et lesbiennes qui ne se marieront pas. Les associations LGBT servent aussi de lieu de rencontre, surtout celles qui sont dans la "convivialité" mais c'est tout de même une toute petite minorité de personnes. Et comme dit c'te merveille de Jack dans Lost, "Si on arrive pas à vivre ensemlble, on mourra seuls". Et c'est ce qui se passe déjà. Donc, encore une fois, on fait quoi?

 

Philippe Coussin-Grudzinski n'a pas aimé le film Weekend parce qu'il s'est demandé, à la sortie, "C'est ça l'amour gay? Hé bé mazette!". Comme il est jeune, joli, marié, heureux, bon pas riche c'est vrai, il se trouve dans une position, disons, privilégiée mais c'était intéressant de publier son texte parce que c'est une autre manière de poser la question d'une certaine misère sentimentale homosexuelle. Vous allez dans un club ou dans un bar, même s'il y a une bonne ambiance, si vous plissez les yeux, vous voyez des nuages de solitude au-dessus des têtes. Donc, ces 3 textes pour commencer une réflexion que l'on ne voit pas beaucoup dans les autres médias gays. Contribuez, n'ayez pas peur, filles et garçons, on attend.

 


Didier Lestrade

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