La Revue 131 : quelques mots
Alors on est très content quand une nouvelle contributrice de Minorités revient sur cette affaire de DSK, que l'entourage de ce dernier cherche par tous les moyens à nous faire oublier. Ici Christelle Nadia Fotso nous écrit des Etats-Unis et assène un nouveau coup de massue. En fait, DSK a fait ça parce que la femme Africaine est considérée, dès le départ, en une fraction de seconde, comme une "blonde" (et on a rien contre les blondes, je ne veux pas entendre une seule personne dire qu'on est stigmatisants non mais). Une blonde, c'est une femme faite pour le plaisir de l'homme, et on ne prend pas les mêmes précautions de drague avec une Américaine normale et une femme de ménage Africaine. Christelle nous raconte qu'elle a beau être avocate, pour les gens, elle est juste une immigrée qui débarque et qui ne sait rien. Elle ne sait rien donc elle ne connaît pas ses droits. Cette affaire de DSK, peut-être la plus importante et la plus scandaleuse des dernières années, bénéficie toujours en France d'une grande politesse dans la manière avec laquelle elle persiste à être présentée et nous, on en a marre. On nous avait promis, idiots que nous sommes, qu'il y autrait une nouvelle ère post-DSK. On en est toujours pas là.
Comme cette Revue est sur le thème de la Disparition, Laurent Chambon revient sur un de ses dadas : le travail tel qu'on le connaît est en train de disparaître mais les Etats sont loins d'inventer une nouvelle manière de créer du travail nouveau, dans les domaines qui sont très influencés par les nouvelles technologies. On veut nous faire croire qu'il faut industrialiser à nouveau la France alors que nous sommes des centaines de milliers de personnes à travailler déjà, gratuitement, pour rien, avec les machines. Obama nous a parlé de révolution verte, Hollande nous fait le coup, mais on ne voit rien venir, et les dirigeants sont en train, par leur inaction, de tuer dans l'oeuf un rêve qui est à portée de main. Pendant ce temps, aux USA, en 2012, les Américains pauvres sont devenus plus nombreux que la classe moyenne.
Voilà, deux mois après la mort de Richard Descoings, la disparition de l'enquête est un sujet qui fait rire jaune. Tout ça pour ça... C'est un sujet de film, c'est le sujet d'une contre-enquête, c'est un symbole de notre époque qui rassemble puissants, éthique publique et perso, sexualité cachée, influence des politiques au plus haut niveau entre la France et l'Amérique, des autopsies mystérieuses qui sont résumées dans la grande presse par... une phrase, quelques mots. Bref, quand vous êtes riche et puissant, vous pouvez mourir de n'importe quoi, la conclusion sera toujours la plus commune : une crise cardiaque. Pas un seul journaliste français n'a vraiment dépouillé le comment ou le pourquoi de ce qui s'est passé, on s'imagine que la police américaine est plus indépendante que la notre (ben voyons) et qu'elle n'est pas, elle aussi, sujet à pressions. Mais tout va bien, et le public n'est pas dupe, c'est la millième preuve que les médias sont vraiment de la merde en barre et que franchement, c'est la honte d'être journaliste de nos jours. Enjoy your dépêche AFP ou Reuters.
