91
— Cultural Studies 2
Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy

À la demande générale, la suite de la revue spéciale Cultural Studies. Car on ne peut plus regarder les séries du même œil : ce sont les nouveaux chefs-d'œuvre du début du 21e siècle qu'on étudiera dans les lycées en 2034. On commence avec un nouveau texte impressionnant de Richard Mèmeteau sur les dieux américains de Marvel, en continue avec la suite sur True Blood par Philippe Cousin-Grudzinski, et on finit avec Didier Lestrade qui revient sur le peplum, forcément — Dis, tu aimes les films de gladiateurs ? Imprimez cette revue, vous la montrerez avec fierté aux lycéens de 2034. Ça viendra plus vite que vous ne pensez.

barre de séparation

Batman à Clichy-sous-bois, ou le tokénisme fictionnel

par Richard Mèmeteau - Dimanche 17 juillet 2011

Depuis Star Trek et Lost — séries ethniques par excellence — on a le sentiment que les Américains intègrent dans la fiction les minorités comme autrefois les Grecs et les Romains intégraient les dieux des vaincus à leur panthéon national. Manœuvre politique habile, qui consiste à pacifier les relations sociales en accordant une place égale dans la fiction à ceux qui n'ont pas de considération égale dans la société. Vus sous cet angle, les séries et d'autres formes de culture pop sont de véritables armes politiques, entretenant l'inégalité plus qu'elles ne la résorbent. La comparaison peut paraître forcée. Pourtant, ce tokénisme fictionnel n'est pas sans ambiguïté, et s'avère beaucoup plus riche qu'il n'est au premier abord. Car ce qui est commun à l'Antiquité et aux Américains d'aujourd'hui, c'est qu'il existe un véritable panthéon de dieux modernes américains, d'American Gods, que sont les super-héros des comics américains. Les minorités qui y entrent ne sont donc pas de simples personnages. Elles sont transformées en super-héros et dotées d'une aura nouvelle. Cela pourrait sonner comme une règle anthropologique simple: il n'y a pas d'intégration culturelle possible sans payer ce prix symbolique, sans rendre gloire aux vaincus économiques.

[Lire la suite]

barre de séparation

Just sex, no spoilers (ou presque)

par Philippe Coussin-Grudzinski - Dimanche 17 juillet 2011

True Blood, saison 4, épisode 1. Sookie court dans la nuit, vêtue d’une petite robe pastel presque transparente, immaculée, alors qu’il lui est arrivé un paquet d’aventures depuis la fin de la troisième saison. Et elle est là, Sookie Stackhouse, avec sa gueule de conne et son corps de rêve, dans cette robe moulante mais pas trop. Les seins se baladent, s’entrechoquent, pendant que Sookie pleure, pendant que Sookie crie, pendant qu’elle nous montre ses dents du bonheur et son regard pas tout à fait bête, mais pas tout à fait malin non plus, et alors que je regarde cette créature déambuler sur l’écran 13 pouces minable de mon MacBook hors d’âge, j’ai juste envie qu’elle ferme sa gueule, qu’elle arrête de crier, parce que ça va, elle en a vu, des vampires, des loups garous, des ménades, des métamorphes, des fées, des sorcières, arrête de faire genre ça te fait quelque chose Sookie, ferme ta gueule et fous-toi à 4 pattes, la tête dans l’oreiller. 

[Lire la suite]

barre de séparation

Peplum de folles

par Didier Lestrade - Dimanche 17 juillet 2011

Donc c'est l'été et le cinéma américain nous sauve encore une fois du cinéma français. Pendant deux mois, on a nos blockbusters bien ringards avec des explosions dès les 5 premières minutes (Sandrine Bonnaire eat your heart out) et des machins qui se transforment en Transformers même si ça ne dit rien de particulier sur quoi que ce soit. Et parmi tous ces teraflops d'effets de synthèse qui nous émerveillent, Hollywood persiste à faire des films de gladiateurs. Pourquoi? Normalement ça aura dû disparaître avec le XXème siècle.

[Lire la suite]

 
Restez dans la boucle

FacebookRetrouvez Minorités sur Facebook

TwitterSuivez Minorités sur Twitter