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— Gender Sex Race
Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy.

On dit qu'il y a deux sortes de gens: ceux qui admettent aimer le sexe, et les menteurs. Mais comme à Minorités on est en pleine crise d'intersectionnalité, on ne pouvait pas faire un truc trop simple: on vous a concocté une Revue qui mélange allègrement genre, sexe et race. Tout d'abord avec un entretien fleuve de Didier Lestrade avec le fondateur de Citébeur, à la Magazine: bien long, bien personnel. Ensuite, avec une réflexion de Richard Mémeteau sur l'attirance qu'on peut avoir (ou pas) pour les autres « races ». Compliqué. Finalement, Thierry Schaffauser nous explique comment on doit appeler les travailleurs du sexe. Donc voilà: sexe, sexe, sexe. Mais pas comme d'habitude, quoi.  

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L'empire Citébeur

par Didier Lestrade - Dimanche 23 janvier 2011

C’est comme si tout le monde faisait semblant de ne pas regarder. Il y a des docus à la télé sur l’influence du porno chez les kids, du sexting chez les teenagers et des partouzes chez les jeunes hétéros. Les parents tombent des nues avec des yeux gros comme des soucoupes. Ils ont leur mâchoire qui tombe aussi. On réalise que la sexualité hard des gays n'est plus si unique, c’est tout le monde qui plonge désormais dedans. C'est le grand plongeon. Ces dernières années, juste en trois ans en fait, le porno est devenu l’obsession quotidienne et revendiquée de personnes qui n’en parlaient jamais auparavant, surtout chez les jeunes. Au niveau gay, il y a bien des livres qui essayent de comprendre ce qui se passe dans les rapports entre les minorités et le porno français, mais c’est toujours écrit par des blancs et toujours vu sous le même angle: forcément, la banlieue, quand elle baise, elle est aussi dangereuse que lorsqu’elle fait du Hip-Hop. Il faut expliquer mieux que ça l'évolution du porno gay et précisément dans ces studios qui montrent des gays rebeux, noirs, métis et tous, baisant ensemble ou avec des blancs. Il faut écrire des livres là-dessus. C'est nouveau et excitant.  Donc, après avoir interviewé JNRC, il fallait enfin donner la parole à Stéphane Chibikh, le patron du nouvel empire Citébeur, le seul studio en Europe à mettre en avant la minorité des blacks et des beurs gays et à être reconnu au niveau international pour ça. Malgré la critique gay qui n'apprécie pas les clichés racailles chez les beurs, Stéphane a justement tout misé sur le sexe des racailles et des blancs qui aiment les racailles. Précisément parce qu'on lui disait que ça ne marcherait jamais. Sa série des Wesh Cousins est connue partout. On vend ses DVDs partout. C'est devenu un des symboles qui illustrent ce qui se passe chez ces gays qu'on ne voyait pas avant. Pendant longtemps, j’ai eu mes préjugés, je les ai exprimés, et j’en ai toujours quelques-uns qui me bloquent par rapport à certains de ses films. Mais on peut dire un truc définitif: Citébeur est safe et ça, c'est très important. La pression est toujours plus forte pour faire du bareback et si on refuse, c'est perdre la moitié du marché porno gay. Ensuite, j’ai adoré Stéphane Chibikh dès la première seconde. On ne s’était jamais rencontrés. Et je savais que ça se passerait comme ça. Attention: interview fleuve entre un kabyle et un pied-noir.

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Sexe, race et Nutella

par Richard Mèmeteau - Dimanche 23 janvier 2011

On ne s'est pas assez étonné qu'un des textes les plus importants de la critique du colonialisme, Peau noire, masques blancs, de Frantz Fanon, est aussi un des textes les plus puissants en ce qui concerne les rapports entre le sexe et la race. Deux chapitres sont consacrés aux relations sexuelles et amoureuses entre les Noirs et les Blancs, deux chapitres précis et efficaces qui décrivent tous les mécanismes d'intériorisation de la domination et les fantasmes sexuels qui les accompagnent. Deux chapitres qui doivent inciter tous ceux qui les ont lus à se méfier de tous les clichés sexuels colportés tant sur les Noirs, que sur les Asiatiques, les Blancs, les Arabes et toutes les autres couleurs de l'arc-en-ciel phénotypiques... 

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I'm a Sex Worker, dammit

par Thierry Schaffauser - Dimanche 23 janvier 2011

À l’occasion de la dernière journée mondiale de lutte contre le sida, le Conseil National du Sida (CNS) a rendu public auprès des medias son avis sur le « commerce du sexe et le VIH » qu’il avait publié le 16 septembre 2010. Le collectif Droits et Prostitution qui regroupe l’ensemble des associations de santé communautaires et de travailleurs du sexe en France a communiqué publiquement son soutien au rapport qui, en effet, reprend à son compte nos revendications principales dont celle de l’abrogation du délit de racolage. Le collectif a pris cette décision unanimement et comme les autres j’ai donc voté en faveur du communiqué de presse commun soutenant ce rapport. 

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