185
— Hégémonie
Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy.

Une revue n°185 consacrée cette semaine à l'illustration in vivo des théories d'Antonio Gramsci sur l'hégémonie culturelle du groupe dominant. Tout d'abord un récit fabuleux de notre Hélène Hazera adorée, suivi par un texte sur l'humour par Richard Mèmeteau, et pour finir avec Didier Lestrade sur la culture, les idéologies et les héritages minoritaires. ♫ In The Rain

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Iannis Tsarouchis, l'œil allumé

par Hélène Hazera - Dimanche 09 février 2014

Lorsque j’eus passé mon bac, mes parents me firent un beau cadeau : un solex de luxe, celui peint en blanc. Je le méritais bien, j’avais surmonté un moment très dur : une crise maniaque en deux épisodes avec deux internements à répétition de quelques mois en HP. Après ça, avoir le bac avec mention (malgré des notes de math et de physique catastrophiques) tenait du miracle. Je ne sais plus comment, sans doute à la Cinémathèque, j’avais rencontré une jeune fille, un peu vendeuse en librairie, un peu théâtreuse ; nous nous faisions dans son studio des nuits blanches innocentes platoniques et exaltées, à parler poésie et cinéma, de tout et rien. Elle avait un visage de fée à la Monelle Valentin, elle était gracieuse. Elle me fit un joli cadeau : un diadème en laiton doré style 1880, qu’elle avait trouvé dans une coulisse de théâtre. Avait-il servi pour un Puck ? Un Hermès ? Je l’arborais sur ma tête aux cheveux longs et me faufilais dans la ville sur mon Solex blanc, mon pantalon de velours côtelé noir flottant, une tunique marocaine blanche (on se moque beaucoup des hippies mais la mode hippie avait son charme et ses langueurs) au pied des chaussures blanches de marine que j’avais repeinte en jaune.

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Ni rire de tout, ni rire avec tout le monde

par Richard Mèmeteau - Dimanche 09 février 2014

La poilade générale est terminée. Tant mieux. Ce temps d'avant, ce temps de mecs moustachus qui résistaient au pouvoir en faisant des blagues sur les putes, les pédés et les bourgeois  – s'il a jamais existé – n'a historiquement plus de raison d'être. Alors peut-être qu'un jour, quand on aura guéri le cancer, et que les corps humains auront été remplacés par des gros bouts silicone sensori-moteurs, on pourra rire de tout avec tout le monde parce que plus rien ne sera grave. En attendant, on gagnerait à se sortir du crâne le leitmotiv que l’« on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui ». J’ai vu trop de débats à la télé qui justifiaient qu’on dise tout et n’importe quoi au nom de ce seul précepte. Les comiques français tentent coûte que coûte de démontrer que Desproges avait raison. Et ils prouvent seulement qu'ils ont tort à répétition.

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Gardien de la culture

par Didier Lestrade - Dimanche 09 février 2014

Ma génération, celle des baby boomers, est modelée par l'idéologie. Nous avons grandi à travers les années 60 et 70 avec l'espoir d'un monde meilleur et, dans une certaine manière, ce monde EST réellement meilleur. Des pays entiers souffrent moins de faim ou de maladies et débordent d'énergie. Mais notre génération porte dans sa mémoire le souvenir de nombreuses luttes et réussites et ce documentaire en est un des témoignages. Peut-être que notre époque est le résultat du décalage vers d'autres régions du monde pour y chercher le futur. Peut-être que les nouvelles générations ne veulent pas s'engager. Ou peut-être notre temps est celui qui se trouve entre deux vagues et qu'un cycle est à naître. D'ailleurs, il est peut-être déjà né, mais nous ne le voyons pas encore.

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