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— Filles & Garçons
Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy.

Y'a pas à dire, même avec l'élection d'un président de gauche, la France multikulti et tolérante, on en est encore loin. Cette semaine, Taubira se fait défoncer par « la droite la plus bête du monde » juste parce qu'elle est femme et noire, et c'est l'occasion pour Marine de révéler — finalement — son vrai visage. Mais plutôt que de participer à ce débat grotesque, Minorités propose une série d'antidotes. Cette revue « Filles & Garçons » commence donc par un texte de Georges sur les lesbiennes selon Technikart, on continue avec une critique de Didier Lestrade sur le film Weekend, et on finit en beauté avec un texte érudit de Souley Hassane sur Césaire. Bref, y'en a pour les filles, et pour les garçons.

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Les néo-lesbiennes selon Technikart

par Georges — - Vendredi 25 mai 2012

Qui n’a pas connu ce moment d’errance dans le Relay d’une gare bruyante? Tu as envie de te prendre un magazine mais tu as déjà ceux que tu aimes, il faut te soustraire à ta logique habituelle pour prendre un truc qui n’est pas ta came. C’est dans ces circonstances que je me suis retrouvé à voyager avec le numéro d’avril de Technikart, le magazine qui associe sans complexe l’arrogance au mauvais goût. Couv’ crade, une liberté de ton qui se parodie elle-même. Bref. Ça m’a rapidement gavée.

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Weekend, un film gay

par Didier Lestrade - Lundi 21 mai 2012

Dans la série « J'ai vu un film avec 2 mois de retard », j'ai été invité à Angers par l'association Quazar à la projection du film d'Andrew Haigh, Weekend. J'ai délibérément cherché à ne pas voir le film avant cette projection pour rester vierge en prévision du débat qui a suivi, mais ce film est exactement tel que je me l'imaginais : un classique moderne du cinéma gay. Un film d'une beauté simple qui s'avère être un manifeste de la vie gay d'aujourd'hui chez les trentenaires urbains.

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Césaire et la formation — politique de la jeunesse africaine

par Souley Hassane - Mercredi 23 mai 2012

L’évocation d’Aimé Césaire dans le monde  renvoie inévitablement à ses combats de longue durée contre toutes formes de violences injustes, de colonisations et de discriminations. Ces trois derniers termes posent, ainsi, les fondements de la pensée césairienne. Enfant d’Afrique et de Martinique, il pense avec une conscience globale de ses racines et de sa réalité. En Afrique francophone, la connaissance d’Aimé Césaire commence au collège et au Lycée à travers l’enseignement de la littérature négro-africaine. Le Cahier d’un retour au pays natal et le Discours sur le colonialisme sont les textes les plus connus et les plus étudiés. Une saison au Congo, Moi Laminaire  et La tragédie du roi Christophe reçoivent un accueil sans pareil. Les thèmes qu’il évoque interpellent les Africains et les renvoient aux rapports de domination et à la responsabilité de recouvrer la dignité du continent. Cette trame traverse toute l’œuvre de Césaire au point que chaque poème est une interpellation, une convocation, un appel à l’action surlignée par des vers qui défient les règles de la poésie française. La versification césairienne est à elle seule une mutinerie contre  la littérature dominante qui ne fait  de place ni aux Africains ni aux Antillais. Encore moins, lorsqu’ils « pervertissent » ses règles, son esthétique et  corrompent sa beauté construite à coup de règles géométriques et d’alexandrins. La littérature de Césaire est une injonction à la lutte. C’est du reste pour cette raison qu’il connut la marginalisation au profit de son ami Senghor. C’est aussi cela qui attire les jeunes africains, passionnés par un discours qui parle d’eux et les invite à l’action. Dans un pays comme le Niger, l’épreuve de français en classe de première comprend, immanquablement, les textes de Césaire sur le colonialisme. La jeunesse scolaire et militante d’Afrique francophone commence son parcours idéologique, syndical et politique par les textes d’Aimé Césaire.

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