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— Unheimlich
Photo par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy.

Tout est bizarre en ce moment. Les étrangers peuvent finalement voter en France (Angela Merkel va voter Nicolas Sarkozy), François Hollande se réveille et est pour l'ouverture du mariage civil aux couples du même sexe, les rédactrices de mode découvrent que le racisme c'est vilain, Caroline Fourest se fait griller en tant qu'experte sur la Tunisie (en attendant que le reste sorte ?), bref, rien n'est intangible en ce bas monde. Pour fêter ça, on vous a concocté une Revue spéciale Unheimlich, un plan « Inquiétante Étrangeté», limite « cabinet des curiosités ». On commence avec l'épisode 1 de la série « Étrangetés » de Themba Bhebhe, on continue avec l'épistémologie du Gaou par Richard Mèmeteau, et on finit dans l'acide avec une typologie de la follasse par Philippe Coussin-Grudzinski. ♫ The Beautiful People.

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Étrangetés 1 — Case Départ ou comment le vent a tourné

par Themba Bhebhe - Dimanche 29 janvier 2012

Parsemée d'une série d'événements les uns plus rocambolesques que les autres, 2011 s'est avéré être, c'est le moins qu'on puisse dire, une année des plus curieuses pour les minorités. En marge des grands événements de cette année, sont survenus deux événements mineurs dont l'étrangeté éclatante semble être de mise lorsque l’universalisme républicain rencontre, voire se conjugue au fait minoritaire. L'un concerne la réception critique du film Case Départ (abordée dans Étrangetés – Part 1 et 2), l'autre une altercation qui a eu lieu lors d'une cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage (Étrangetés Part 3). Ces deux étrangetés, fruits d'une intersection incongrue de l'universalisme et d'un questionnement sur le statut des minoritaires, peuplent un cabinet de curiosités constitué de tels faits divers. Ce n'est pas, en tout cas, un hasard si les deux événements auxquels ces trois articles s’attacheront font référence à la traite négrière. 

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Le Gaou — Province et intersectionnalité

par Richard Mèmeteau - Dimanche 15 janvier 2012

« Gaou » est un mot génial qui n'arrête pas de rebondir. C'est d'abord le petit du gnou. Paumé dans un monde effrayant (il faut se mettre à sa place), le gaou finit fatalement par avoir l'air « stupide » — et c'est le deuxième sens du mot en argot ivorien : « stupide », « naïf », « gentillet ». Puis, exporté, traduit, recontextualisé, le mot « gaou » a servi à qualifier depuis les années 2000 un immigré africain fresh of the boat, sorti d'un coffre de voiture et prêt à faire tout ce qu'il peut pour changer le système d'exploitation en système D. Et soudain, début années 2010, le « gaou »  s'est mis à désigner un Blanc... un Blanc de province, qui débarque à Paris et qui finit fatalement par avoir l'air stupide. Les Blancs paumés qui ne se prennent plus simplement pour des Noirs, ça existe depuis le rock ou les ministrels, mais lorsque, comme certains punks avant eux, ils se prennent pour des Noirs immigrés et galériens en pleine période de lepénisation des esprits, ce mot annonce par lui-même une réalité nouvelle... [Écrit avec Brian Simard]

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Typologie de la follasse

par Philippe Coussin-Grudzinski - Samedi 28 janvier 2012

Quand Minorités m’a proposé d’écrire un truc inspiré de mon Inrocks blog, version gay, j’ai été étonné du fait que ce site n’avait pas encore dressé de typologie du pédé, de la follasse, de la tantouze, appelez ça comme vous voulez, et tant pis si on parle de mecs au féminin, on est en 2012, et la fin du monde arrivant bientôt, j’ai décidé de me détendre un peu. Alors c’est parti, top à la follasse. Le jeu des sept familles version gay.

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