Le communiqué ajoute qu'il y a eu 46 contaminations de plus que durant le trimestre précédent, et précise que 295 de ces 303 personnes sont des hommes.119 personnes ignoraient leur infection et ont été dépistées quand ils ont développé les symptômes de la maladie, soit 8 personnes de plus que durant le trimestre précédent.
À titre de comparaison, sur l'année 2009, 76.8% des personnes touchées étaient des hommes. La chute des contaminations chez les femmes en un an est vertigineuse. Je n'ai pas trouvé d'explication sérieuse sur la faiblesse impressionnante de ces chiffres (j'imagine que c'est ce qui arrive quand on prend le train en route), mais le fait que le ministère mentionne que 97% des personnes contaminatées sont des hommes sans absolument évoquer la moindre question d'orientation sexuelle laisse rêveur sur sa volonté de mener une politique de prévention efficace. Nous sommes au Japon, et faire l'autruche, c'est plus qu'un passe-temps commode : c'est un mode de vie.
Un autre article japonais, plus vieux (octobre 2010) traitait du taux de contaminations de façon moins hypocrite :
Le centre d'observation des maladies infectieuses japonais y rappelait l'importance du préservatif pour se prémunir de toutes les IST, « dont la plus grave, dont on ne guérit pas, le VIH », et notait que les infections étaient en baisse chez les hétérosexuels des deux sexes, et en hausse chez les MSM (homo et bi mêlés), dont l'un des membres de l'association, le docteur Iwamuro Shinya, remarquait qu'ils comptaient, selon les derniers chiffres officiels, 1 japonais sur 20.
Il notait que l'image du préservatif était fortement liée à celle du contrôle des naissances, et les MSM n'ont pas l'habitude de les utiliser. D'autre part, le Japon s'enfonce de plus en plus en avant dans une société « sexless », où les ventes de préservatifs chutent, mais le nombre de grossesses non désirées et de contamination par des IST baissent aussi. Et pourtant, les contaminations par le VIH continuent de monter, presque entièrement à cause des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (de là à conclure qu'il n'y a plus que les pédés qui baisent au Japon, il y a un pas que j'hésite (mais pas beaucoup) à franchir).
Un aspect du problème que le docteur Iwamuro pointait était les hommes mariés, qui, arrivés à un certain âge, les enfants loin du nid familial, se sentaient libérés des contraintes de la société et « se tournaient » vers les relations avec d'autres hommes. Comme ils n'en parlent pas à leur femme, ils n'utilisent pas non plus de préservatifs avec elle pour ne pas paraître suspects, et beaucoup de contaminations féminines peuvent s'expliquer par ce biais.
Cet article a eu un certain retentissement sur les sites de news... pratiquement uniquement sur le thème « Incroyable ! 5 % des hommes japonais ont eu des relations sexuelles homo ! 1 sur 20 ! 6.5 Millions »!