Black, Blanc, Beur. Et puis c’est tout.

J’ai la chance, ou la malchance — tout est question de point de vue — de cumuler plusieurs minorités. En Suisse, le pays qui m'a offert ma nationalité actuelle et où j’ai habité jusqu’à mes 25 ans, j’en cumulais encore plus qu'en France où je vis depuis. Là-bas, je collectionnais pas moins de sept catégories de minorités. Je suis donc, par ordre de difficulté croissante : adopté, naturalisé, gaucher, protestant, gay, et d’une couleur de peau différente.

 

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Nasha Gagnebin

par Nasha Gagnebin - Dimanche 07 novembre 2010

De nationalité suisse, il s'engage à 18 ans en politique. Détenteur d'un MA Cinéma et Sciences politiques, il rejoint Paris cette même année, milite au sein d'un parti français et obtient un MFA en Réalisation cinématographique. Travaillant dans l'audiovisuel, il est râleur professionnel, militant à ses heures.  

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J’ai la chance, ou la malchance — tout est question de point de vue — de cumuler plusieurs minorités. En Suisse, le pays qui m'a offert ma nationalité actuelle et où j’ai habité jusqu’à mes 25 ans, j’en cumulais encore plus qu'en France où je vis depuis. Là-bas, je collectionnais pas moins de sept catégories de minorités. Je suis donc, par ordre de difficulté croissante : adopté, naturalisé, gaucher, protestant, gay, et d’une couleur de peau différente.

 

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epuis mon arrivée en France, j’ai donc éliminé une septième minorité, et pas la moindre : être francophone non seulement dans une entité administrative régionale, mais également dans un pays, les deux majoritairement germanophones.

Si le fait d’être adopté fait de moi une minorité, elle ne me pose absolument aucun problème. Je ne suis ni dépressif, ni suicidaire, ni à la recherche de mon passé « douloureux » que les médias collent à la peau de la majorité des adoptés. Je ne suis pas à la recherche constante de mes « racines » car mes racines sont là où j’ai décidé de les planter.

 

 

Des racines à planter

 

Adopté à l’âge de cinq semaines et venant d’Inde en 1981, j’ai donc été naturalisé en Suisse en 1983. Cette naturalisation ne m’a pas porté préjudice, au contraire. Elle m’a ouvert les portes de l’université, de la politique et même celles de la France. Le fait d’être gaucher est un peu plus problématique, mais comme rien n’est fait pour nous, de l’ouverture du pot de confiture en passant par les ciseaux qui ne coupent pas, les lettres tachées par l’encre fraîchement étalée sur le mot suivant ou encore le levier de la boîte du changement des vitesses, on s’accoutume tant bien que mal d’un monde pensé et construit par les droitiers.

 

En tant que protestant, je mets déjà un pied dans ce que j’appelle la minorité invisible, mais qui ne me porte aucun préjudice, ni en France, ni en Suisse, sauf d’être systématiquement intégré au catholicisme qui se résume en France uniquement au « christianisme ». La difficulté est que dans la représentation commune des Chrétiens, mon gourou sectaire serait le pape et en tant que Protestant, cela me gêne parfois, m’irrite souvent puisque baptisé catholique par les Sœurs d’une congrégation religieuse en Inde, j’ai apostasié et confirmé ma foi protestante, foi qui me considère contrairement au catholicisme, comme un être certes imparfait (mais là n’est pas la question), mais pas moins égal qu’un hétéro lui-même imparfait également.

 

Cela m’amène à ma cinquième minorité : être gay. Cela n’a pas été si problématique que ça, justement du fait que j’ai été élevé dans une tradition protestante réformée où les gens vivent comme ils veulent, tant qu’ils ne font de mal à personne. Avoir grandi dans un milieu pas forcément religieux, mais dont la religion a joué un rôle très certainement inconscient dans mon éducation, le fait d’être entouré de Protestants réformés a fait passer mon coming-out comme une lettre à la poste —suisse, pas la poste française, il y a des différences qui changent une vie!— puisque personne dans ma famille proche ou éloignée n’a trouvé quoi que ce soit à redire sur mon orientation sexuelle. Ou alors ils l’ont pensé, mais ont eu la décence de le garder pour eux-mêmes.

 

Non, le plus problématique est d’être d’une autre couleur de peau. Élevé parmi des Blancs, dans un endroit plutôt conservateur, ne m’a pas posé de problème. En tout cas, pas en Suisse qui est, contrairement à la France, un pays qui connaît une multiculturalité énorme ne découlant pas d’un colonialisme, mais plutôt étant une terre d’immigration sans aucun passé colonialiste. J’ai été très vite accepté par mes camarades de classe. Mais si les autres voient ma couleur de peau, mon problème est que moi, je ne la vois plus. Jusqu’au point d’entendre de la bouche de mon meilleur ami à l’Université « C’est ton père ou de ta mère qui est Indien ? » Inutile de préciser que ma mère est blonde aux yeux bleus, l’iconographie parfaite de la petite aryenne suisse allemande et que mon père porte les traits plus latins aux yeux et cheveux noirs. Si j’ai inconsciemment reproduit des gestuelles de corps et de paroles de mes parents (« parents » ; point. Pas « adoptifs » ce sont juste mes « parents »), force est de constater que je n’ai pas hérité des yeux bleus et de cheveux blonds de ma mère.

 

Oublions dès lors immédiatement le syndrome dit « coconut » de l’homme de couleur qui se comporte comme un Blanc. Non, je me sens non pas Blanc, mais en tout cas aucunement « différent » d’un Blanc. Et c’est ce qui pose problème, principalement en France. Ici, j’ai ce réel problème que d’un côté on me prend pour une minorité qui doit « rester » invisible en tant qu’originaire de l’Inde et de l’autre on me retire cette légitimité du droit à la parole sur certains sujets. Parce que j'ai reçu une éducation « bourgeoise » (mes parents sont enseignants, rien de très bourgeois là-dedans même si, au fil des années, ils ont effectivement amassé de l'argent au prix d'un travail continu et acharné), je n'ai donc pour certains aucune légitimité de parler au nom d'une minorité, car une minorité « de couleur » est forcément « pauvre » et moi, en étant « Suisse » je suis donc forcément « riche ». Là, étonnamment, la nationalité reprend le dessus sur la couleur de peau.

 

Bref, appartenir à une minorité de couleur de peau et devoir assumer les conséquences de mes « non-actes », je m’en suis très vite rendu compte, notamment concernant ma vie affective que cela serait un cas problématique. Car si l’habit ne fait pas le moine, le moine fait la religion. J’y reviendrai donc tout à l’heure.

 

 

Les Droits de l'Homme inventés...

puis oubliés

 

La France est un cas intéressant dans sa façon de penser son Monde et ses Minorités. Elle a inventé un jour les Droits de l’Homme, les a oubliés depuis belle lurette et continue de penser, par habitude ou omission, qu’elle en est la meilleure représentante. Pays des Lumières, elle les a très vite éteintes. Son passé colonial fait rejaillir ça et là des questions intéressantes que j’ai voulu soulever. Sous des faux airs d’universalisme républicain, elle a construit par son passé colonial une société à l’opposé de ses principes fondamentaux. L’Inde a ses castes, la France a sa France d’En-Haut et sa France d’En-Bas. À la différence près que l’Inde a pour Président une Femme qui plus est Intouchable, et que la France n’a pas encore eu de femme Présidente, et encore moins venant de la France d’En-Bas. Constat singulier et pourtant clair. La France a, par son passé, catégorisé ses populations même locales : elle a annihilé les langues régionales au profit d’une seule langue sous l’esprit qu’une langue égalait un Etat d’où la Nation (sous-entendu, la République, une et indivisible) et ses colonies ont créé ces mouvements migratoires propres à chaque pays ayant eu ou détenant encore des colonies.

 

Alors que le Royaume-Uni est plus en avance sur l’intégration de ses anciennes colonies, notamment indienne, la France ne connaît qu’une seule diversité : le « Black, Blanc, Beur ».

Facile, me direz-vous, d’expliquer le cas. L’immigration principale provient d’Afrique du Nord et de la « Françafrique », il est logique que ces minorités soient donc visibles.

 

Mon impression est que la France tente de rendre visible ces minorités par soucis de « réparation » de l’Histoire, mais elle reste ambiguë sur le sujet. Alors que le Maroc et le Sénégal étaient des Territoires Français il y a environ 50 ans, on leur dit aujourd’hui « Rentrez chez Vous ». Les tensions qui en résultent sont nombreuses, le poids inconscient des populations anciennement émigrées est tenace notamment au sein des quartiers dit « populaires » mais je ne m’étendrai pas sur le cas des Banlieues.

 

Cette discrimination positive engendre des stupidités extrêmes : depuis quelque temps, on peut voir des gens de couleurs présenter des informations à la télévision, ce qui est en soi très positif. Mais quel ramdam médiatique il y eut lorsque Harry Roselmack avait été annoncé pour présenter le 20H de TF1 ! La France découvrait qu’elle avait une minorité invisible dans les médias. Alors petit à petit, on essaie de rendre visible ces minorités : on en met dans les Ministères, à la télévision. Les médias jouent ce rôle important de vitrine et plus particulièrement la télévision. TV5 Monde, chaîne de la francophonie par excellence (et non de la France !), fait présenter son « Journal Afrique » par un Noir. Comme s’il était inconcevable qu’un Blanc puisse présenter des informations touchant à l’Afrique, ce serait un « retour en arrière » un « affront à ces peuples colonisés ». Personne aujourd’hui ne mettrait en cause la présentation des informations nationales par Audrey Pulvar. Ce qui est valable dans un sens ne l’est plus dans l’autre.

 

Alors tout cela est bien gentil, mais le problème, c’est que moi, je m’identifie à la majorité Blanche mais que cette dernière, en France en tout cas, me refuse cette même identification.

Je suis une minorité et en plus, je suis invisible et je dois le rester ! Ou de me contenter d’adhérer aux « Black Blanc Beur »... Si je n’accepte pas, je n’ai qu’à me la fermer.

 

« Que l’on voit des Blacks et des Beurs à la télévision, c’est normal ! On a eu des colonies dans ces pays, c’est la conséquence directe de notre Histoire » m’a-t-on dit à plusieurs reprises.

 

Certes. Et alors ? L’Inde n’a pas été une colonie française ? Jusqu’en 1963, la France détenait des colonies qu’elle appelait les « Etablissements français de l’Inde » et même des élus de ces colonies siégeaient au Sénat. Cette minorité, aujourd’hui issue de l’Inde, du Sri Lanka et du Pakistan n’a droit à aucune voie au chapitre des Minorités visibles. Trop éloignées géographiquement, trop petites, elles sont invitées en France à utiliser leur unique droit d’exister et de se taire.

 

Après avoir déblatéré sur cette minorité invisible indienne, il est intéressant donc de voir que les Français qu’ils soient homos ou hétéros, voient (ou ne voient pas) cette minorité de la même façon. On va se faire couper les cheveux chez l’Indien, on va manger indien au Passage Brady à Paris, et on se promène Place de la Chapelle pour un dimanche après-midi exotique. Et puis c’est tout. Moi-même qui porte les « stigmates » de mes origines indiennes, je vais chez le coiffeur indien car il n’est pas cher, je vais manger indien au Passage Brady, ce qui me change de ma fondue (suisse ! et non pseudo- crypto-« savoyarde », il serait temps d’apprendre à respecter le patrimoine culturel de chacun) et je me promène de temps à autre Place de la Chapelle en me disant que « leur » (et pas la mienne) communauté est somme toute très sympathique. Bref, leur rôle se limite à être des coiffeurs pas chers et de bons cuisiniers exotiques, ce qui nous change des pieds de porcs, des gésiers et langues de bœuf, des tripes et des autres mets qui font de la France le pays de l’excellence culinaire. Pensent-ils.

 

 

On se fond dans la masse

 

Ils sont invisibles et se fondent dans la masse. À tel point qu’un jour, mangeant avec mes parents dans un restaurant indien, on entendit le propriétaire d’origine indienne gronder ses fistons pas si bruyants que ça : « Nicolas ! Jérémie ! Cessez ! ». À notre étonnement, il nous a répondu « Ici, on est en France. On leur a donc donné des prénoms français. Comme tout le monde. » Tentative de rejet de ses origines ou au contraire, mise en application extrême de l’assimilation afin de se fondre dans la masse et d’influencer inconsciemment l’identification aliénée à la majorité Blanche et catholique de France ?

 

Alors quand on fait partie d’une communauté telle que la communauté LGBTQI et qu’on est en même temps dans une catégorie invisible c’est compliqué. J’expliquais auparavant que l’habit ne faisait pas le moine mais que le moine faisait la religion. Alors que la communauté LGBTQI est très certainement une des minorités qui se base essentiellement sur l’être et le paraître, être « invisible » met en perspective la difficulté que l’on doit affronter.

 

Cette même minorité a elle aussi segmenté sa population. Le paraître est extrêmement important, les Gym Queens et autres drogués du step-fessier ne font pas tout, mais on accepte communément qu’un homo ait un sens de la mode, qu’il soit maigre et musclé, qu’il ait bon goût et qu’il fut spécialiste des belles choses jusqu’à remettre dans leurs mains un pauvre beauf hétéro remasterisé façon D&CO et customisé sous le QueerEye en un parfait homme séduisant autant lisse qu’il égale les vingt derniers liftings de Johnny Hallyday. Cet esthétisme est donc reproduit licitement par un mode de fonctionnement interne propre à la communauté LGBTQI. Ses médias vantent tous la beauté du corps de l’homme, de ses abdos, de ses muscles et de sa gueule. Si le magazine Têtu a été un média qui très vite a fait place à la minorité Black et Beur de la communauté LGBTQI, il est aujourd’hui inconcevable d’y voir un Indien faire la couverture du magazine. Là aussi, la minorité invisible doit le rester. On aime le Black et le Beur pour des raisons éventuellement fantasmées des attributs masculins de ces derniers ou du fantasme de la « petite frappe macho » et on tolère éventuellement le Latino version Ricky Martin, lui beaucoup plus lisse et moins « petite frappe » mais qui est riche et célèbre, passe sa vie au soleil et connaît donc le teint l’Oréal sans dépenser un sou, il est donc forcément digne d’intérêt. Mais aucune voie au chapitre pour les autres. Les « Asiatiques » qui recouvrent autant de gens diversifiés allant du Japonais au Chinois en passant par le Vietnamien ou le Thaïlandais sont encore visibles çà et là. Mais l’Indien est absent totalement des médias et du fantasme de l’homme idéal pour un homosexuel.

 

Je ne jette la pierre à personne. La communauté gay reprend implicitement et inconsciemment ce que la majorité hétérosexuelle applique à son système de fonctionnement et de catégorisation. Mais dans le monde du paraître, cela peut quand même étonner voire en frustrer plus d’un.

 

Le Royaume-Uni a lui aussi un passé colonial. Les « Indes Britanniques » ont façonné l’Histoire de ce pays mais contrairement à la France, la diversité Black-Blanc-Beur- Indien est différente. On y trouve de tout pour tous les goûts. Plus spécial encore, le Canada qui lui a intégré ses immigrés qui viennent là-bas pour d’autres raisons que l’immigration post-coloniale en direction de la Métropole, le Canada étant encore et toujours aujourd’hui le résultat d’une colonie moderne, au même titre que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande qui en pratique s’administrent elles-mêmes mais qui en théorie ont encore la Reine d’Angleterre en tant que Chef d’Etat. Dans ces deux pays, les Indiens ont droit à la parole. Il y a des élus, il y a des représentants de cette communauté à la télévision, mais il y a aussi des Noirs et des Arabes qui ont un rôle important et visible. Les soirées « Besharam » (sans-honte en Hindi) sont des méga-soirées hétéro-friendly organisées à Toronto où ce qu’on appelle en anglais les «South Asians» se rencontrent et où les Blancs et toutes les autres cultures se retrouvent.

 

Alors que GQ et MW, des magazines masculins, avaient pour couverture John Abraham tout droit sorti du dernier blockbuster bollywoodien, on peut réellement voir l’écart qui sépare le Royaume-Uni de la France par rapport à cette minorité ici invisible. En partant du principe que l’électorat de ces magazines est un électorat plutôt WASP (White Anglo-Saxon Protestant à savoir Blanc, anglo-saxon et Protestant) on peut mesurer ici combien la différence est flagrante. Un homme non-blanc, peut donc représenter l’homme idéal, séducteur, ayant réussi dans sa vie, et en plus, on estime que sa couleur de peau peut dépasser la barrière de l’auto-identification du lectorat de ces deux magazines ! L’homme Blanc peut se rêver en cet homme indien...

 

Impensable en France.

 

 

T'es quoi, toi ?

 

Alors certes, il y a eu des gars intéressés et d’autres faussement intéressés. Je me souviens avoir déstabilisé un type qui tentait de gagner des points auprès de mon ami et qui, voyant la porte se fermer, avait tenté l’approche par la gauche. Il me dit :

- « T’es Hindou ? »

 - « Non, je suis Protestant. »

 - « Ouais, enfin t’es Indien quoi. »

 - « Non, je suis Suisse. »

 

Le gars s’en alla, désabusé et complètement perturbé par ce qu’il venait d’entendre. Mais j’ai souvent entendu comme première phrase d’attaque « T’es de quelle origine ? » Si l’intérêt du gars en question était flatteur, le fait qu’on puisse s’intéresser à moi pour ma couleur plus que pour ce que j’ai dans le crâne m’a profondément dérangé. La « Discrimination positive », très peu pour moi, merci.

« Jamais content » me direz-vous. J’invite chacun à aller vivre dans un pays où le Blanc sera minoritaire et vous verrez que l’effet bête de foire vous gonflera encore plus vite que l’Equipe de France au Mondial 2010...

 

Bref, par mimétisme, la communauté gay ne peut donc pas se retrouver dans cette minorité indienne. Puisque le paraître est si important, les sites de rencontres permettent à chacun de cocher son « ethnie » autant « importante » que le poids, la taille et la couleur des cheveux, preuve aussi d’un éthnicisme (donc d’une forme de racisme !) bien ancré et proprement scandaleux que la majorité des homos se plait à oublier et à ne pas en voir les conséquences directes parfois désastreuses. Imaginez donc un jeune homo d’origine indienne rejeté par sa communauté d’origine pour cause de tradition et rejeté également par les autres gays pour cause de sa couleur de peau... Bien que l’esprit de ce texte n’est cependant pas d’opposer une origine à une autre, les Blacks et les Beurs ont la chance de ne pas trop connaître cette double pénalité...

 

Donc sur les sites de rencontres et de « chat » français (oui pour causer il faut « aussi » connaître l’origine de la couleur de peau !), j’ai le choix en cochant ma petite case qui me résumera en un seul et unique petit clic : « Caucasien » (non), Black (non), Arabe (non), Latino (non), Asiatique (non), Métisse (non), ou la catégorie la plus fantastique, la minorité de la minorité de la minorité : « Autre » (euh... Choisissons autre alors...)

 

Et qui veut d’un Autre ? Personne. Tout est dit.


Nasha Gagnebin

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