La Revue 27 : quelques mots

C'est une Revue 100% gay et ça arrive de temps en temps quand on a envie d'enfoncer le clou bien profond. Quand l'actualité politique permet de faire monter l'agenday gay au niveau national, Minorités remarque que ceux qui en sont chargés le font sans courage. 
C'est une Revue 100% gay et ça arrive de temps en temps quand on a envie d'enfoncer le clou bien profond. Quand l'actualité politique permet de faire monter l'agenday gay au niveau national, Minorités remarque que ceux qui en sont chargés le font sans courage. 

Philippe Castetbon, lui, a publié un livre en rencontrant des gays à travers le monde grâce à Internet et leur a demandé de témoigner de leur vie dans des pays où il est difficile d'être gay ou lesbienne ou trans ou juste différent. En général, je me méfie un peu de ces livres qui dégoulinent de bonnes intentions, mais celui de Philippe est émouvant, et je voulais qu'il raconte comment ça c'était fait, sans faire de la promo du livre. Juste ses émotions et le cheminement de son travail. Comme Philippe est à la base une bordelaise et que je connais bien les bordelaises, ça s'est bien passé. C'est un mec adorable.

 

On a décidé de faire une overdose de nos deux bears gays Islandais. Au lieu d'espacer leurs textes dans le temps, on les concentre. Il faut dire que Renaud Mercier et Nicolas Jacoup sont des vrais nerds à la Minorités. Ils regardent dans tous les coins, ils analysent, ils sont out, ils ont un avis sur tout. Là, ils nous racontent comment ça se passe dans la campagne d'Islande. Et autant ils sont critiques quand il s'agit de parler de l'économie de l'île, autant ils sont satisfaits en ce qui concerne l'ambiance gay friendly qui les entoure. Un texte qui répond, dans une certaine mesure, à celui de Philippe.

 

Je voulais sortir une analyse des élections régionales le soir même, à chaud, pour souligner ce que je voyais venir : une soirée à la télé comme toutes les autres depuis des années, malgré un renouvellement des candidats qui introduit le sujet LGBT et de l'intégration dans les principales formations de gauche. Des discussions sans fin sur des pourcentages et des alliances. Je sais bien que c'est ça, la politique, mais j'ai 52 ans et j'aimerais bien qu'une de ces folles provenant de la base LGBT commence à laisser tomber la langue de bois qui nous exaspère tellement chez les autres. Si le PS et Europe Ecologie ne sont pas capables de mettre en avant la nouvelle génération, c'est qu'on a encore perdu. On sert de faire valoir. Et tout ça à cause du placard gay, qui reste bien fermé, bien protégé. Par ceux qui sont élus. Comme par hasard.


Didier Lestrade

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