La Revue 18 : quelques mots

Je crois qu'un des angles qui rend Minorités spécifique, c'est cette envie spontanée de réduire la séparation entre le fruit d'une réflexion et la description de ce qui est intime. Nous essayons de proposer des pistes minoritaires, mais nous avons envie de montrer comment elles apparaissent dans nos vies. Trois textes de cette Revue jouent naturellement avec cette frontière entre le sérieux et l'intime, surtout avec un humour grinçant, dans le cas de Laurent et "La classe tatouée". En fait, Laurent n'arrête pas de se moquer des gens qui l'intéressent. En parlant de l'essai de David Van Reybrouck sur le populisme flamand et neéerlandais, il décrit des personnes de son entourrage pour mieux faire comprendre le sujet du livre. C'est drôle et inquiétant à la fois. 
Je crois qu'un des angles qui rend Minorités spécifique, c'est cette envie spontanée de réduire la séparation entre le fruit d'une réflexion et la description de ce qui est intime. Nous essayons de proposer des pistes minoritaires, mais nous avons envie de montrer comment elles apparaissent dans nos vies. Trois textes de cette Revue jouent naturellement avec cette frontière entre le sérieux et l'intime, surtout avec un humour grinçant, dans le cas de Laurent et "La classe tatouée". En fait, Laurent n'arrête pas de se moquer des gens qui l'intéressent. En parlant de l'essai de David Van Reybrouck sur le populisme flamand et neéerlandais, il décrit des personnes de son entourrage pour mieux faire comprendre le sujet du livre. C'est drôle et inquiétant à la fois. 

Johan fait de même pour son premier texte pour nous, "Le sida vu d'en bas", où il parle de la couche inférieure du militantisme. Ceux qui font réellement les choses, ceux qui se trouvent en décallage avec leur hiérarchie, ceux qu'on ne consulte pas souvent. A Sida Info Service par exemple, Maxime Journiac me parlait souvent de cette "piétaille" qui en avait marre de ne pas avoir de moyen de s'exprimer et qui avait des idées politiques beaucoup plus concrètes, et souvent justes, que ce qui transparaissait de la hiérarchie. Particulièrement crunchy, la description de l'assemblée générale d'Act Up sur la pénalisation. Tellement vrai qu'on a l'impression d'y être : comment aboutir à un consensus politique basé sur le mensonge.

 

Mon texte sur Israël et Obama, ben, c'est pareil. On est rien du tout à côté de ce conflit, on est écrasé par cette guerre depuis 50 ans, et on ne peut plus rien dire car c'est un sujet trop conflictuel. Pendant ce temps, une histoire d'amour disparaît dans les conséquences du massacre de Gaza. C'est personnel, mais c'est rien face à une déception mondiale. Ou pas.

 

Et Madjid parle de l'Ouganda. Lui aussi réfléchit dans son coin et nous écrit du métro de Tokyo, avec son laptop sur les genoux, inspirant la mobilisation française pour aider les gays et séropos d'Afrique. C'est un peu Minorités qui a lancé ce mouvement et désormais les grands médias sont en train de relayer une pression née sur Internet. More to come.Les décors de la Revue sont signés, comme chaque semaine, par Fabien Lamotte et Pierre-Jean Lamy.


Didier Lestrade

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