Au Chili, au Salvador, au Honduras, au Nicaragua et en République dominicaine, l’avortement est pénalement repréhensible en toutes circonstances. Il n’y a qu’à Cuba, au Puerto Rico et à Mexico-City que les femmes enceintes ont le droit d’interrompre pendant les trois premiers mois leur grossesse sans fournir de motif. Dans tous les autres pays de la région, une seule procédure existe dans des cas particuliers assez limités: si la mere est en danger, un cas de grossesse après un viol ou une malformation du fœtus.
Plusieurs organisations féministes ont manifesté ce lundi (29/09/09) dans la capitale chilienne Santiago pour réclamer une application plus large du droit à l'interruption volontaire de la grossesse (IVG), relate l'agence de presse IPS.
L'avortement est considéré comme l'un des principaux droits acquis par le mouvement féministe sur base du principe de libre disposition de son corps par la femme. Ce droit fait régulièrement l'objet de contestation de la part des mouvements conservateurs religieux qui invoquent des arguments métaphysiques divins pour s'opposer à l'exercice de ce droit par les femmes.
D'après les organisations féministes en Amérique latine, la situation serait en train de se détériorer à cause de la presse des églises et des courants politiques conservateurs. Ainsi, le Nicaragua a introduit en 2006 une interdiction totale de l'avortement. L’année dernière, le Président uruguayen Tabaré Vásquez a mis son veto contre une loi plus souple qui avait pourtant été approuvée par une majorité absolue au Parlement ainsi que par son propre parti. La République dominicaine a adopté cette année un droit constitutionnel à la vie dès la conception. Au Mexique, 15 des 32 États fédérés ont adopté des lois qui rendent impossible l'avortement.
Malgré la multiplication des interdictions, plus de 4 millions d'avortements ont lieu chaque année dans les pays d'Amérique latine et 13 % des décès chez les femmes enceintes serait dû à des interventions chirurgicales dangereuses.