Contamination volontaire du VIH : un procès hors norme

Hollande - C’est le cas extrême qui illustre les complexités du débat controversé sur la pénalisation de la transmission du VIH.
Hollande - C’est le cas extrême qui illustre les complexités du débat controversé sur la pénalisation de la transmission du VIH.

C’est le cas extrême qui illustre les complexités du débat controversé sur la pénalisation de la transmission du VIH. En mai 2007, une enquête avait révélé l’existence de trois homosexuels hollandais séropositifs qui avaient drogué et violé une quinzaine de partenaires sexuels, puis injecté intentionnellement leur sang pour les contaminer. Douze des quatorze personnes étaient devenues séropositives lors d’une affaire qui a fait énormément de bruit dans le pays, le ministre de la santé de l’époque s’étant fortement élevé contre ces pratiques. Le procès en appel vient de se dérouler pendant lequel l’avocat général Martin van Schuijlenburg a requis douze ans de prison contre le principal accusé, Peter Pulder, 50 ans. Sept ans de prison pour Hans Jurgens, 35 ans.

L’affaire était particulièrement choquante. Après les aveux, le porte-parole de la police avait déclaré : « Ils ont donné comme motif que cela les excitait, et aussi que plus le cercle de personnes infectées par le VIH était grand, plus il y aurait de possibilités de rapports sexuels". Un an plus tard, le premier procès a eu lieu. Plusieurs victimes étaient venues témoigner. Leur avocat avait déclaré : « Les victimes espèrent que les coupables seront punis. Elles veulent enfin recevoir une réponse à la question de savoir pourquoi on leur a fait ça ». Un homme contaminé avait déclaré : « Comment peut-on avoir l'idée d'intentionnellement infecter les gens? Il faut avoir pour cela une haine incroyable. Cette question occupe mes jours et nuits. Je vais devoir supporter, en moi, toute ma vie ce crime et ses conséquences ». Dès juin 2006, les services sanitaires de la ville de Groningue avaient remarqué  une augmentation surprenante des nouvelles contaminations chez les gays. Ce qui avait motivé une campagne de prévention locale.

 


Didier Lestrade

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