Le Gaou — Province et intersectionnalité

« Gaou » est un mot génial qui n'arrête pas de rebondir. C'est d'abord le petit du gnou. Paumé dans un monde effrayant (il faut se mettre à sa place), le gaou finit fatalement par avoir l'air « stupide » — et c'est le deuxième sens du mot en argot ivorien : « stupide », « naïf », « gentillet ». Puis, exporté, traduit, recontextualisé, le mot « gaou » a servi à qualifier depuis les années 2000 un immigré africain fresh of the boat, sorti d'un coffre de voiture et prêt à faire tout ce qu'il peut pour changer le système d'exploitation en système D. Et soudain, début années 2010, le « gaou »  s'est mis à désigner un Blanc... un Blanc de province, qui débarque à Paris et qui finit fatalement par avoir l'air stupide. Les Blancs paumés qui ne se prennent plus simplement pour des Noirs, ça existe depuis le rock ou les ministrels, mais lorsque, comme certains punks avant eux, ils se prennent pour des Noirs immigrés et galériens en pleine période de lepénisation des esprits, ce mot annonce par lui-même une réalité nouvelle... [Écrit avec Brian Simard]

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Richard Mèmeteau

par Richard Mèmeteau - Dimanche 15 janvier 2012

Professeur de philosophie, co-fondateur de Freakosophy, geek attardé, fan de comédie US, discuteur de théories en tout genre dans les cafés, et, depuis 2005, amoureux de Kele Okereke, le chanteur de Bloc Party.

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« Gaou » est un mot génial qui n'arrête pas de rebondir. C'est d'abord le petit du gnou. Paumé dans un monde effrayant (il faut se mettre à sa place), le gaou finit fatalement par avoir l'air « stupide » — et c'est le deuxième sens du mot en argot ivorien : « stupide », « naïf », « gentillet ». Puis, exporté, traduit, recontextualisé, le mot « gaou » a servi à qualifier depuis les années 2000 un immigré africain fresh of the boat, sorti d'un coffre de voiture et prêt à faire tout ce qu'il peut pour changer le système d'exploitation en système D. Et soudain, début années 2010, le « gaou »  s'est mis à désigner un Blanc... un Blanc de province, qui débarque à Paris et qui finit fatalement par avoir l'air stupide. Les Blancs paumés qui ne se prennent plus simplement pour des Noirs, ça existe depuis le rock ou les ministrels, mais lorsque, comme certains punks avant eux, ils se prennent pour des Noirs immigrés et galériens en pleine période de lepénisation des esprits, ce mot annonce par lui-même une réalité nouvelle... [Écrit avec Brian Simard]

L

e terme s'est exporté en France avec les premiers titres des Magic System, Premier gaou  ou Un gaou à Paris (en 2002 et 2003). Leurs chansons ont un charme immédiat. C'est drôle et catchy, transcommunautaire : ça a fait un tube. Ces gaous-là ne sont pas les petits du gnous mais les immigrés ivoiriens paumés à Paris, qui affrontent une jungle de klaxons, de flics reconducteurs à la frontière et de vendeurs de cigarettes à la sauvette. Il faut regarder le clip du Gaou à Paris. La chanson tournait sur les ondes et les chaînes de clips au moment des reconduites à la frontière. Ces gars savent comment faire de l'humour une arme d'intégration et de dénonciation.

Quelques années plus tard, le « gaou » est revenu à mes oreilles sous une forme plus ambivalente. Un pote parlait souvent des « gaous » : des « gaous » qui glandaient à Paris, des « gaous » qui se faisaient jeter des soirées, des « gaous » qui parlaient trop fort dans le métro, ou des « gaous » qui se faisaient tabasser parce qu'ils avaient demandé une cigarette au mauvais mec à deux heures du mat... Dans le contexte, il était difficile de savoir s'il s'agissait de blacks africains. Mais s'il y avait bien un métis dans la bande, le reste était composé de petits provinciaux, jeunes étudiants de classe moyenne, plutôt maladroits... du genre à se fourrer dans une boîte gay pour finir la soirée en éructant contre l'intolérance des vieux pédés du Marais avec une haleine à tuer un gnou sur place. 

 

« Gaou » pouvait être utilisé pour parler des provinciaux paumés à Paris — pas simplement parce qu'un type l'avait fait. Mais parce que le rapprochement semblait légitime. La petite communauté des cul-terreux échoués à Paris se désignait implicitement comme immigrés de l'intérieur. 

 

 

Un film pourri + quelques données sociologiques

 

Un film a même tenté de surfer sur cet usage très latéral du terme. 

S'il est surtout connu en tant que bouse monumentale résolument beauf (les pourtant spécialistes du site nanarland avouent avoir quitté la salle une heure avant la fin...), le bien-nommé film Les Gaous reprend pourtant nombre de lieux communs relatifs à son sujet. C'est l'histoire de Maurice (bouseux à fort accent, qui parle aux animaux et travaille à la fourche) et Benoît (artiste/coiffeur homo mi-accepté/mi-victime), gentils provinciaux avec un cœur gros comme ça qui, après s'être fait défoncer leur voiture par un affreux parisien (du genre Boulogne Boys, malpoli et raciste), quittent leur ville de Bourdeuil (« à 40 km de Périgueux ») pour obtenir réparation dans notre capitale. Là, évidemment, les deux gus se retrouvent paumés, se font voler leurs affaires à Montparnasse (LA gare gaou par excellence[1]), se retrouvent à la rue, et subissent l'intolérance des « parigots ». Pire : lors d'une soirée, ils retrouvent un mec de Bourdeuil totalement converti aux mœurs locales (en gros sex, drugs & rock n'roll) qui, par dessus le marché, se fout de leur gueule, n'assumant plus ses racines campagnardes. 

 

Heureusement, lors d'une embrouille avec les flics place de l'Etoile, nos héros font la rencontre de surprenants alliés : des zonards de banlieue (les autres exclus de la ville) mignons comme tout, qui aideront les gaous à obtenir gain de cause ; tout le contraire du pote black du traître de Bourdeuil, figure de l'immigré assimilé qui, en pleine soirée destroy, s'exclame en voyant les deux amis : « C'est quoi, ces gaous ? ». Autre détail qui tue : Maurice, que l'on voyait se faire recaler par une fermière à gros nichons au tout début du film, parvient à se faire dépuceler dans la capitale, puis, à force de gentillesse fruste et rentre-dedans, finit même par lever deux parisiennes : la femme du badboy en personne ainsi qu'une hipster-aristo… incarnée par une ancienne Miss France (indice : gaouse devenue meuf de Castelbajac). Accompagné de ses deux conquêtes, le jeune fermier revient triomphant à Bourdeuil reprendre l'exploitation familiale, trop attaché qu'il est à sa terre d'origine. Benoît, lui, s'installe à Paris pour « chanter, danser, jouer la comédie » (à la suite d'une promotion canapé, le gaou gay a obtenu un rôle dans un musical).

 

La franchouillardise des films comiques français a comme d'habitude écrasé toute la subtilité de ces acrobaties sociales bien réelles. Mais l'image de l'immigré de l'intérieur est à peine exagérée. Car les provinciaux constituent depuis longtemps le principal apport démographique de la ville de Paris. Les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon font remarquer avec ironie que « en 1886, Paris était la plus grande ville de province. Seuls 36 % des Parisiens y étaient nés, contre 56 % dans le reste du département de la Seine et en province, et 8 % à l'étranger. » Et les chiffres actuels ne font que confirmer cette tendance. Aujourd'hui, seuls 31% des Parisiens sont des parisiens de souche, 14,5% viennent de la périphérie de l'île de France, 32% viennent de province, et 23% viennent de l'étranger. En somme, on aurait raison de dire que le « Parisien »  n'existe pas. Être parisien — au sens où le pratique la majeure partie des Parisiens —, c'est une performance !

Pourtant, c'est cette même performance, jouée également sans doute par un bon tiers de provinciaux et d'étrangers, qui excluent d'autres provinciaux ou étrangers... comme si la véritable opposition était entre ceux qui s'adaptent et ceux qui ne s'adaptent plus.

 

 

La preuve par l'abri-bus

 

Roulez assez loin de Paris pour ne plus voir qu'une plaine absolument plate, recouverte de champs de céréales aux noms inconnus, roulez jusqu'à ressentir si intensément l'espace qu'à la fin l'horizon s'incruste sur le fond de vos rétines (en Beauce, au hasard). Demandez à quelques jeunes mecs près d'un abri bus, qui s'ennuient dans leur sweat capuche, quelle genre de musique ils écoutent. Les pieds calés dans le moteur de leur moto, ils vous répondront sans doute qu'ils écoutent une bonne dose du reggae et de hip hop. Les sound systems sont nombreux en province. Dans ma petite ville de Chartres, un groupe de blancs becs tenaces a longtemps tenu le haut du pavé. Un très bon ami de lycée en faisait partie. Il admirait très homoérotiquement les héros du rap gangsta. Il voulait être black, tout en acquiesçant au destin qui lui avait été réservé de passer son adolescence dans le confort d'une gigantesque chambre où s'entassait les DVD's de rappeurs de la côte Est.

 

Il y a énormément de ces jeunes mecs blancs qui admirent les blacks et se sentent black. Et ce n'est peut-être pas qu'un effet de matraquage médiatique. Les provinciaux sont une minorités sans nom, moins discriminée que d'autres et en perpétuelle évanescence : exotique en ville et invisible en zone rurbaine. Pour cette raison, ils se sentent blacks, dans le sens que « black » suppose : non pas dépositaire d'une culture africaine ancestrale, mais simplement désigné comme différent, à travers une identité aussi fine que du papier cigarette. Et malgré leur silence, si on adhère à la thèse que la ville est le creuset bouillonnant des identités à venir, on ne peut s'empêcher d'en déduire que les provinciaux sont peut-être, paradoxalement, un groupe minoritaire de plus sur le grand rainbow flag républicain. La capitale, qui est le lieu où d'autres minorités peuvent disparaître et se cacher, est pour le provincial le lieu du bannissement. À côté des banlieusards, n'oublions donc pas les ploucs, les pecnauds et les culs terreux... car ils ne sont pas supposés dériver lentement et naturellement vers l'extrême droite, comme s'il existait une segmentation politique des looks : le hipster urbain de gauche, et le gaou provincial de droite.

 

 

« Le Nègre de la France »

 

La représentation péjorative du paysan fraîchement débarqué de sa campagne est sans doute un des plus vieux ressort comique. Cette haute forme comique qu'est la commedia dell'arte est littéralement née de la stupidité fantasmée des paysans montagnards qui descendaient saisonnièrement en ville pour y trouver des petits boulots – comme aujourd'hui le font pendulairement les banlieusards et les provinciaux. Les gens de la ville y ont trouvé là un motif suffisant pour se moquer de ces types en haillons puant le lait fermenté. Le zanni (déformation du prénom Giovanni, standard manifeste des noms paysans masculins) est le premier personnage de la commedia dell'arte – qui à ce stade, ne semble pas faire preuve d'une grande force de critique sociale. Il porte un masque et travestit les mauvaises manières des paysans qui travaillaient comme valets. Puis, au tout début du 17ème siècle, le zanni se transfigure, le masque porté par les comédiens évolue. Le paysan devient Arlequin. Ses haillons se couvrent de losanges de couleurs. Le personnage d'Arlequin est un zanni positif. Il a retourné l'insulte en fierté. Et de tout paumé et ringard qu'il était, le Jeannot italien devient souple et gracieux. Il a appris de sa condition servile une forme nouvelle de ruse et de détachement. Il est devenu cool. Stade ultime de l'intégration du provincial à la ville : le valet est même si intégré qu'il peut manigancer et devenir plus fourbe que son maître ; il devient brighella

 

L'histoire de la figure de l'Arlequin est plus optimiste que l'histoire réelle. Car très vite, c'est le Noir qui devient le modèle de référence des discriminations. L'exposition Bécassine/Banania présente ainsi le rapport entre ces deux stéréotypes : le Breton comme le Nègre sont supposés avoir un rapport simple à la nature, une forme de primitivité qui se révélait dès qu'on le plongeait dans le milieu urbain. On retrouve dans des publications anarchistes (antisémites... entre autres) du début du XXème siècle des textes entiers qui comparent le breton et le « nègre ». On lit par exemple dans l'Assiette au beurre qu'il « n’est pas de meilleur chrétien que cette crapule de Bretagne ; il n’en est pas de plus réfractaire à la civilisation. (...) il ne boit pas, il se saoule; ne se lave pas, il se frotte de graisse; ne raisonne pas, il prie et, porté par la prière, tombe au dernier degré de l’abjection. C’est le Nègre de la France. » (L’Assiette au beurre, 3 octobre 1903).

 

Ce texte virulent rappelle que les plus racistes d'entre nous n'ont pas besoin d'être très créatifs pour être racistes. Des modèles d'exclusion les précèdent qui servent à forger ceux d'aujourd'hui. La simplicité des stéréotypes pousse ainsi à en faire un usage confus, précipitant une certaine forme de délire raciste qui rend la chose parfois curieuse, voire kitsch ou involontairement comique.

 

 

Mais le plus étonnant se trouve en ce moment au Musée Branly, à l'exposition Exhibitions, l'invention du sauvage. Je dois avouer que nous y sommes allés avec quelques amis dans le presque seul but de trouver les photos des villages provinciaux présentés à l'exposition universelle. Car nous avions appris qu'auparavant, dans les expositions universelles où l'on présentait des villages reconstitués, on avait également fait venir des Bretons et des Alsaciens. Malheureusement, il n'y a qu'une seule affiche qui atteste de ces villages (sous réserve d'une lecture prochaine du livre de Pascal Blanchard) : on y voit une Alsacienne (une femme objectivée, évidemment) rayonnante, un petit sac en osier sous le bras. L'affiche vaut son pesant de kitsch.

 

Dans le chaos des préjugés, les commissaires de l'exposition construisent un chemin intéressant : l'Autre est perçu à la fois à travers des fantasmes merveilleux (le Livre des merveilles du Monde de Jean Mandeville par exemple), mais aussi à travers les cas très individuels de quelques freaks qui étaient montrées partout en Europe et en Amérique. Le Freak était souvent associé à une peuplade étrangère, à un horizon lointain, comme les Frères Cheng et Eng (de Siam — d'où l'expression « frères siamois »), ou les soit-disant « Derniers Aztèques », Bartola et Maximo, atteints en fait de microcéphalie mais supposés incarner les derniers survivants d'une race mythique. Le racisme n'est qu'un produit théorique, tardif et pur, qui naît de l'entrechoquement de toutes ces bizarreries rassemblées artificiellement pour créer l'illusion d'une infériorité raciale.

 

 

Hyperurbanité ou intersectionnalité

 

Le jacobinisme, chez nous, est un autre de ces produits élaborés par le long travail de l'histoire. 

 

Un bon moyen pour s'en convaincre peut être de tomber face à un type particulièrement arrogant et urbanophile sur un tchat. Et ça m'est arrivé. De ses voyages, ce mec retirait l'absolue certitude d'être hyper-urbain, d'avoir l'ethos adéquat pour fusionner avec le village-monde. Et pendant ce temps, le reste du monde, son village de naissance compris, glissait chaque jour vers des âges plus obscurs au fur et à mesure que la marche du progrès s'accomplissait. Sa voix résonne quelque part sur le réseau, Grindr or something. Je rapporte ses propos tels quels : « La fracture n'est pas entre homo et hétéro mais entre hyper-urbains des villes globales et... le reste du monde ! (...) Nous vivons sur une planète où une majorité de la population vit dans des hyper-centres liés entre eux. Tout s'y passe et s'y décide. Les autres catégories sont amenées à péricliter. Moi qui viens de Vendôme (20.000 habitants) mais qui suis d'origine extra-territoriale et qui ai traversé plusieurs pays depuis l'âge de 5 ans et joué avec plusieurs monnaies et langues 15 ans avant l'euro, je me sens hyper urbain, oui. »

 

Saskia Sassen (la théoricienne de l'urbanité mondialisée) a été citée pour boucler cette grande déclaration d'hyper-urbanité... Car, il n'y a pas si longtemps, on était juste là, assis devant le spectacle du village-monde, en train de se dire que lorsque tous les peuples auraient fusionné, on se ferait sacrément chier. C'était juste avant qu'on se rende compte que toutes ces identités qui résistaient avaient peut-être autre chose à foutre qu'à fusionner dans ce grand récit d'hyper-urbanité. 

 

Le plus intéressant est que ce discours oppose deux identités : le beur qui a réussi, et vole maintenant de mégalopoles en mégalopoles, et le provincial paumé qui écoute trop de reggae. Pour un rebeu qui collectionne les points miles des compagnie aériennes mondiales, combien de gaous ? Le provincial auparavant avait la consolation d'être majoritaire. Désormais, ramené à l'échelle du monde entier, le gaou est perdant. Les villes consomment 2% du territoire, mais représentent plus de 50% de la population mondiale depuis 2007, et consomment la majeure partie des richesses. Alors,  paradoxalement, le gaou devient dépositaire de toute la musique black et minoritaire, et de toute la culture de l'immigration. Et cette culture est là pour qui veut bien l'utiliser. 

 

Evidemment, avec ce nouveau découpage, on prend le risque de jouer une minorité contre une autre (les minorités ethniques contre les minorités de territoire), de négliger les problèmes réels des banlieusards, et de minimiser les problèmes des vrais gaous immigrés ivoiriens. Ce risque très réel est celui repéré depuis les années 90 par des féministes noires (comme Kimberlé Crenshaw), qui constatent qu'on utilise le féminisme pour accabler davantage certaines populations noires, ou qu'on utilise le discours d'affirmation positive pour masquer les problèmes spécifiques des femmes. Aucun discours anti-discrimination ne serait en droit de fonctionner indépendamment, qu'il soit contre l'homophobie, le racisme, ou le sexisme, puisque tous courent le risque de masquer les situations intersectionnelles, qui cumulent les préjugés possibles à leur encontre (lesbiennes noires, pédé black etc.). Evidemment, cette mise en garde vaut particulièrement aujourd'hui quand, à la veille des élections, Marine Le Pen tente de jouer les gays et les femmes contre les musulmans, ou les petits villages classés contre les banlieues en feu.

 

 

Au-delà son potentiel comique, le gaou peut inspirer un remède à la récupération lepéniste du discours anti-discriminatoire. Le provincial sait qu'il est déconnecté pour une part de toute la fabuleuse agitation de Paris. Mais lorsqu'il se fait gaou, il ne cherche pas à en blâmer le reste du monde. Il ne connaît pas les codes, mais il se sent une complicité naturelle avec les autres paumés ; il se fait refouler des boîtes par des videurs blacks choisis spécialement pour effrayer les petits blancs, mais il s'en fout. Il est fier de n'être pas vraiment black et pas vraiment blanc, fier d'être simplement mal placé à l'endroit où il est, comme beaucoup d'autres types qui ont l'air aussi stupides que lui. À l'inverse de la minorité assimilée, à l'inverse du caméléon social qui doit sa réussite à son extrême adaptabilité, le gaou ne s'adapte plus, mais ne tape sur personne — il résiste.

 

 

[Écrit avec Brian Simard]


Richard Mèmeteau

Notes

[1] NDLR : Ah c'est pour ça que je l'adore cette gare !!!

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