Bazar laïc au Parti Socialiste

Alors que l’engouement de certains Français pour les « primaires citoyennes » organisées par le Parti Socialiste et le Parti Radical de Gauche est salué par les médias, le PS, près de dix ans après le 21 avril 2002, semble avoir toujours un mal fou à ressentir la société française. Parti d’élus, le PS devient autiste dès qu’il s’agit d’incarner, au-delà de ses discours bisounours hérités de SOS Racisme, la jeunesse dans sa diversité sociale et culturelle. Les crispations autour du principe de laïcité, mis à toutes les sauces, le prouvent une fois de plus. Les socialistes auraient-ils peur de la société ? 

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Marc Endeweld

par Marc Endeweld - Dimanche 09 octobre 2011

Journaliste, Marc réalise des enquêtes et des reportages pour de nombreux journaux sur des sujets aussi divers que la vie politique, l’économie, l’actualité sociale, les nouvelles technologies, les médias et leur économie, la lutte contre les discriminations et la question des minorités...

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Alors que l’engouement de certains Français pour les « primaires citoyennes » organisées par le Parti Socialiste et le Parti Radical de Gauche est salué par les médias, le PS, près de dix ans après le 21 avril 2002, semble avoir toujours un mal fou à ressentir la société française. Parti d’élus, le PS devient autiste dès qu’il s’agit d’incarner, au-delà de ses discours bisounours hérités de SOS Racisme, la jeunesse dans sa diversité sociale et culturelle. Les crispations autour du principe de laïcité, mis à toutes les sauces, le prouvent une fois de plus. Les socialistes auraient-ils peur de la société ? 

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égolène Royal, lors du troisième débat télévisé d’avant premier tour de la primaire: « Nous sommes tous des notables ! Nous sommes des élus ! ». Par ces mots, elle tentait de répondre à M. Joffrin, du Nouvel Observateur, qui lui rappelait qu’elle-même avait affirmé le jour précédent : « François Hollande, c’est un notable, si on l’écoute, c’est dormez braves gens, on ne changera pas grand chose… », avait semble-t-il lâché à la presse la présidente de la Région Poitou-Charentes. Suite à cet échange, Hollande, justement, réagit une nouvelle fois par un de ses « bons mots ». Les sourires, et les rires gênés fusent.

Quelques jours plus tôt, c’est au tour de la « philosophe » Elisabeth Badinter, également première actionnaire et présidente du conseil de surveillance du groupe mondial de publicité et de communication, Publicis, de nous faire rire d’effroi en déclarant : « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité. Au sein de la gauche, le combat a été complètement abandonné, si ce n'est par Manuel Valls ». Selon elle, Selon elle, « la gauche a laissé s'installer l'équation suivante : défense de la laïcité égale racisme. Cela est tragique ». Tra-gi-que. Son analyse n’est pourtant pas celle de son propre mari, Robert Badinter. À la mi-avril, ce dernier regrettait au micro de Radio J que le « débat » sur la laïcité organisé par l’UMP ait été principalement « orienté vers nos concitoyens musulmans », qui n’ont pu le ressentir que « comme une sorte de mise en accusation (…) de ghettoïsation ». « L’exploitation du thème de la laïcité pour toujours pointer vers les mêmes n’est pas à l’avantage de l’unité républicaine », concluait-il alors. Mais pour Elisabeth B. « croire en Dieu doit rester une affaire intime ». Note pour plus tard : il faudra la prochaine fois que je dénombre les églises et les cathédrales que je croise lors de mes balades. D’aileurs, le week-end dernier, en visite à Chartres, j’ai dû affronter en pleine rue une invasion de scouts d’Europe exprimant haut et fort leur croyance…

 

 

Au PS, on est loin d’être au clair

 

Incroyable donc… En Espagne, qui oserait remettre en cause les processions religieuses lors de la semaine sainte ? Et, en France, qui oserait remettre en cause les trains affrétés par la SNCF pour le pèlerinage de Lourdes ? En attendant, au PS, on est loin d’être au clair sur cette question. Et personne n’ose trancher. Car, en réalité, ce débat recouvre des divisions bien plus profondes qui traversent ce parti entre les différentes conceptions de la politique, de la société, et de l’État. L’année dernière, le parti avait ainsi pris ses distances à l’égard de la loi UMP contre la burqa, mais certains ont tout de même préféré se distinguer.

 

Manuel Valls justement… et Robert Badinter : « Sur les questions de laïcité, j’ai été l’un des rares députés socialistes à voter la loi interdisant le voile intégral. Heureusement, Badinter et 60 sénateurs ont suivi après. Quand c’est Valls qui le fait, il est droitier. Quand c’est Badinter et 60 sénateurs qui le font, respect ! », déclarait Manuel à Libération le 27 septembre dernier. Mais comme le rappelle aujourd’hui Jean Glavany, monsieur « laïcité » du PS (ancien directeur de campagne de Lionel Jospin en 2002, et aujourd’hui soutien de Martine Aubry), Manuel Valls est un mauvais laïc car il veut remettre en cause la loi de 1905 – horreur –, afin que les collectivités territoriales puissent financer des lieux de cultes : « Elisabeth Badinter est injuste avec le PS », confie alors Jean tout penaud à Marianne2.fr.

 

Il est vrai qu’il y a quelques années – environ quatre ans –  sur un plateau de la chaîne Public Sénat, en présence de Caroline Fourest, et de Valérie Pécresse, Jean s’opposait à une telle révision de la loi de 1905  tout en expliquant très tranquillement que les églises et cathédrales étaient le résultat d’une histoire… Et pouvaient donc être subventionnées au nom du « patrimoine ». Autre égérie laïque, la député Aurélie Filippetti, ancienne porte-parole de Ségolène Royal, et désormais soutien de François Hollande, s’était également distinguée en 2010 en plaidant pour le pour le « bannissement » par la loi du port du voile intégral dans « l'espace public et ses services (mairies, écoles, préfectures, sécurité sociale) mais aussi sur l'ensemble de la voie publique ».

 

Alors forcément, devant tant de confusions, le projet du PS proposé au printemps, est une sorte de définition Reader’s digest : « La laïcité est un pilier de notre république et une condition de l’émancipation au sein de notre société. Nous réaffirmerons son sens face aux tentatives d’instrumentalisation dont elle fait l’objet. Parce qu’elle est, comme l’a dit Jaurès « la plus grande chose qui ait été tentée dans notre pays depuis la Révolution », la loi de 1905 doit être protégée et les règles du vivre enseble et de la neutralité dans l’espace public et dans les services publics, particulièrement dans les établissements d’enseignement et les hôpitaux, respectées ».

 

 

Neutralité de l’État ou de « l’espace public » ?

 

À la lecture de cette « définition », Jean Baubérot, « le » spécialiste français de la laïcité a dû s’étrangler, lui qui contredit avec grande pertinence sur Médiapart la position d’Elisabeth : « A partir de cette réduction de la religion à l'intimité, Elisabeth Badinter s'en prend aux manifestations extérieures de la religion... (…)Le ver est dans le fruit dès que l'on veut réduire, au nom de la laïcité, la religion à la sphère privée, entendue comme étant la sphère «intime». Cette position est absolument contraire à la loi de 1905 qui affirme dans son Article 1: “La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées [dans la loi elle-même] dans l'intérêt de l'ordre public”. Pour la loi de 1905, la liberté de conscience doit si peu “rester une affaire intime” que l'Article II, qui met fin aux “cultes reconnus” (semi officiels avant 1905) et énonce le principe du non-subventionnement des religions, émet immédiatement une exception. Cet Article permet d'inscrire dans les dépenses publiques les “services d'aumônerie destinés à assurer le libre-exercice du culte dans les établissements publics, tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons”. L'armée ne tardera pas à être ajoutée à cette liste. Lors des débats parlementaires sur cette loi de séparation des Eglises et de l'Etat, les députés refusèrent massivement un amendement voulant interdire le port du vêtement ecclésiastique dans l'espace public. La soutane était visée car certains la considérait comme une tenue “provocante”, contraire à la “liberté et à la dignité humaine”, un costume prosélyte qui rendait le prêtre “prisonnier, esclave” et le séparait des autres hommes. On avait parfaitement le droit de considérer ainsi la soutane, mais pas celui d'embarquer la laïcité dans sa vision des choses. Et Aristide Briand récusa toute législation sur ce point en déclarant : “La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme les autres”. On est dans la démarche exactement inverse à celle de Madame Badinter. Celle-ci croit que les choses ont changé à la fin du XXe siècle, elle veut oublier les députés, comme l'abbé Pierre ou le chanoine Kir, qui se rendaient à l'Assemblée en soutane ». Je vous conseille vivement de lire la suite de la démonstration de Jean Baubérot…

 

Sauf qu’au PS, on préfère lire et écouter Caroline Fourest, plutôt que lire et écouter Jean Baubérot. On invita même l’essayiste en décembre dernier lors des « rencontres de la laïcité à l’Assemblée Nationale ». Les thuriféraires de la laïcité en ont fait leur porte-parole. Et comme partout, il y a les bons et mauvais élèves. Ceux qui écoutent attentivement Sainte Caroline, et les autres…

 

Ceux qui utilisent la loi de 1905 dans leur combat anti-religieux et ceux qui ne le font pas… Ceux pour qui la laïcisation de la société doit être imposée par la loi, par l’État, par une morale républicaine, et ceux qui préfèrent en faire un long chemin d’éducation, de compréhension, et de progrès économique. Le démographe Emmanuel Todd est d’ailleurs le premier à expliquer que la laïcisation d’une société est d’abord le résultat de la démographie.

 

Caroline Fourest préfère attaquer ceux qui sont les « mauvais élèves » de la laïcité. Et d’après elle, Martine Aubry n’atteint pas la moyenne dans cette discipline. Alors l’essayiste multicarte n’hésita pas à qualifier le mari de Martine Aubry « d’avocat des islamistes » il y a quelques années… avant que l’extrême-droite ne s’en empare. Quand la maire de Lille décida en juillet dernier de dénoncer de telles rumeurs autour de son couple, Caroline Fourest s’en expliqua sur son blog, en persistant et en signant.

 

 

Tous pour Fourest…

sauf Martine Aubry et quelques autres

 

Pour Fourest, le tort ultime de Martine Aubry est d’avoir autorisé une « expérimentation » dans une piscine de Lille permettant à une association de femmes musulmanes d'avoir un horaire réservé. Une expérimentation désormais terminée. Mais bien peu de gens — n’est-ce pas Caroline ? — n’ont dénoncé l’existence dans d’autres villes — et notamment à Sarcelles, ancienne ville de DSK — de mêmes horaires pour des associations juives orthodoxes.

 

Et bien peu de gens ont dénoncé le fait que l’Élysée était intervenu il y a quelques mois auprès des directions de plusieurs grandes écoles d'ingénieurs pour qu'elles aménagent leurs concours d'entrée afin de permettre à quelques étudiants juifs pratiquants de passer les concours, qui tombent pendant la période de la pâque juive, grâce à « des sessions secrètes de nuit [...], avec un confinement préalable des candidats concernés plusieurs heures avant. ». Mais depuis une bonne dizaine d’années, chacun sait que l’invocation de la laïcité dans notre pays se fait à géométrie variable. Quoi, les scouts d’Europe ou les jeunes des JMJ n’auraient plus le droit d’envahir « l’espace public » ?

 

Décidément, Caroline Fourest n’a pas d’humour. L’autre soir (vendredi) au Grand Journal de Denisot, elle a pronostiqué, qu’après le premier tour de la primaire, on aurait droit à un match Hollande-Montebourg. La rancune n’est pourtant jamais bonne conseillère… Le tort d’Aubry ? Peut-être tout simplement d’avoir une vision optimiste et généreuse de la société française. Aubry garde le bon côté de « la deuxième gauche » : une gauche décentralisatrice, girondine, auto-gestionnaire, qui fait confiance à « la société civile » et à la société tout court pour permettre l’émancipation des individus. Mais Aubry sait que cette conception pleinement social-démocrate est loin de faire l’unanimité au sein d’un PS qui a troqué depuis bien longtemps la lutte des classes pour une morale républicaine peu réjouissante.

 

Son équipe de campagne est ainsi constituée par des personnalités très différentes… Entre son ami sociologue Michel Wiervorka qui a travaillé sur le multiculturalisme et le gardien du temple laïque Jean Glavany, il y en effet un gouffre intellectuel ! Autour du sociologue, plusieurs personnalités ont d’ailleurs lancé un appel pour soutenir l’ancienne secrétaire du PS : « Nous soutenons Martine Aubry pour la fidélité de son combat contre le racisme et les discriminations » (Avec Martine Aubry, l’espoir du vivre ensemble).

 

 

La parole est aux candidats

et aux socialistes

 

Mais laissons la parole aux candidats et aux socialistes. Lors de différentes interviews politiques pour le magazine Têtu ces derniers mois, je les ai souvent questionnés sur ces enjeux. Martine Aubry m’expliqua : « Une société pour moi, c’est le fait de rencontrer des gens différents qui vous enrichissent. Je suis pour une intégration qui permette de garder ses racines, ses originalités, ses différences, dès lors que l’on respecte les autres. Mais je n’aime pas le terme “multiculturalisme” parce qu’il laisse penser que vivent côte à côte des cultures différentes. La République se doit d’intégrer sans vous forcer à oublier vos origines ou ce qui vous différencie. Qu’on accepte le socle de valeurs communes de notre société, et qu’on ait toutes les chances de s’intégrer quelques soient les origines ou les différenciations ».

 

Manuel Valls, champion de la laïcité selon Badinter et pourfendeur du « communautarisme », arrive toujours à retomber sur ses pattes, même devant ses contradictions :

 

« On pourrait vous qualifier comme « libéral » au PS, et en même temps vous avez des positions très républicaines. C’est assez étonnant car les tenants de la « troisième voie », comme Tony Blair et Anthony Giddens, mettent en avant les minorités dans leur projet de société. Ne trouvez-vous pas que la République a des difficultés pour intégrer les faits minoritaires ?

 

Je ne suis pas blairiste, parce qu’il est anglais, et que je suis français. L’approche anglo-saxonne est issue de traditions très différentes. Ce qui m’a intéressé chez Giddens, c’est l’idée de partir de l’individu. Il ne faut jamais oublier que Jaurès disait « le socialisme, c’est l’individu jusqu’au bout ». Le marxisme et une certaine conception étatiste et  jacobine très française ont sans doute mis à mal ces idées. Moi je viens du rocardisme et de la « deuxième gauche » pour qui les mots autogestion, autonomie, ont une importance. Comme le souligne Giddens, il faut aider chaque individu à se frayer un chemin. L’État ne peut pas tout. Dans nos sociétés ouvertes, surinformées avec Internet, chaque individu réclame des droits, soit pour lui, soit pour des groupes. Effectivement, les sociétés anglo-saxones s’accomodent très bien de cela, mais je pense que la synthèse avec la République est largement possible. Je suis un libéral, républicain et laïque… » (Question publiée dans Têtu du mois de mai).

 

Valls en appelle pourtant toujours à l’État – et à ses forces de police –  dès qu’il s’agit de préserver la République dans les quartiers populaires…

 

Montebourg, de son côté, n’hésite pas à faire des propositions originales sur l’Islam et la question de l’intégration (constitution d’un « Islam de France » en formant les imans, et autorisation de statistiques « de la diversité » pour les chercheurs en sciences sociales), mais adore prendre les accents de la troisième République, ou parfois du général (De Gaulle), tout en s’entourant de Siham Habchi, présidente de « Ni putes, ni soumises », ou de l'architecte Roland Castro, connu pour son urbanisme à la sauce Pasqua. La parole est à l’avocat Montebourg :

 

« L’idée de société multiculturelle vous parle ?

 

Elle est un fait la société multiculturelle. Après, si le multiculturalisme, c’est le séparatisme des cultures, je ne suis pas d’accord. Je pense qu’avec des identités culturelles différentes on a toujours fabriqué une culture commune. La République, c’est le fait de s’arracher à sa condition, comme disait Anna Arendt en parlant de l’éducation des citoyens. Chaque citoyen a une part d’arrachement de lui-même. Il s’arrache de ce qu’il est et d’où il vient,  pour aller vers un ailleurs qui nous est commun. Bien sûr qu’il y a des gens qui sont différents, mais nous ferons des choses ensemble, et cela aussi, c’est un fait. Donc les querelles sur le multiculturalisme qui a échoué sont des opérations visant à séparer les Français. Moi je travaille à les unir ».

 

 

Les cantines de Lyon selon Collomb

 

Dans un prochain article, nous reviendrons sur les envolées lyriques de Ségolène Royal sur « la dignité de la personne humaine ». Cette « personne humaine » si à la mode depuis quelques temps…et si peu laique ! Enfin, le gauchiste mou François Hollande s’entoure à la fois d’Aurélie Filippetti, pro-loi anti-burqa, et de Gérard Collomb, ayant une conception de laïcité qui pourrait également filer des boutons à Caroline Fourest.

 

En 2008, durant la campagne des municipales, j’avais rencontré le maire de Lyon pour Têtu. En plein milieu de l’interview, il avait fait référence spontanément à la question de la laïcité. Par manque de place, ce passage ne sera jamais publié : « Je vais vous répondre sur une question qui, en apparence, est éloignée de notre thème central, mais qui quelque part montre aussi notre volonté de progresser : les repas dans les établissements scolaires et la question religieuse. Lors de la grande discussion sur la laïcité, certains ont fait comme s’il y avait toute une série de gens qui devaient obéir à une norme, qui serait la norme commune, on va dire « française », majoritaire. Nous, nous avons pris le problème d’une autre façon. On a d’abord réuni tout le monde, à la fois les partenaires religieux et les associations laïques, et en discutant avec eux, nous avons réussi à trouver une formule de repas qui convenait à tout le monde. Aujourd’hui, dans chacune de nos cantines, sont proposés deux repas. Mais nous n’avons pas fait « porc ou sans porc » parce qu’autrement on rentrait dans la question religieuse, mais on a fait « avec ou sans viande ». Finalement, le problème était résolu dans le respect des traditions républicaines, mais aussi dans le respect de la conscience générale. Car dans un certain nombre d’écoles, on s’est aperçu du coup que près de 30 % des enfants ne mangeaient pas à midi avant la mise en place de ce système. Le simple fait de pouvoir choisir entre un poisson et une viande par exemple, a permis a des gamins de se remettre à manger, alors que ces populations immigrées sont souvent les plus pauvres. Cela demande donc simplement un peu d’attention, et après, de la volonté politique. Bien sûr au début, cela nous a été reproché, mais à chaque fois que vous prenez une position, cela est reproché par une partie de l’opinion. Par exemple, au début, les délégués départementaux de l’Éducation Nationale avaient été extrêmement choqués. On les a réuni et l’on a expliqué ce que l’on faisait, et ils ont finalement compris ».

 

Et si on n’avait pas bien compris nous aussi, Gérard Collomb nous précisa sa pensée dans une autre question :

 

« Vous parliez d’inconscient des discriminations, mais justement, la gauche depuis une trentaine d’années n’a-t-elle pas des difficultés à appréhender les différences, le fait minoritaire ?

 

Effectivement, une certaine idée un peu rigide de l’égalité républicaine a fait que la gauche a eu du mal à penser la différence. C’est parfaitement exact. Pourtant, certains à gauche n’ont jamais eu cette conception rigide. Et pour moi, tout se tient. L’attitude que j’ai vis-à-vis des minorités, c’est la même que celle que j’ai vis-à-vis des religions. La laïcité n’est pas de nier le fait religieux ou spirituel. Je les prends donc en compte, mais d’une manière égale. Pour le manifester, je vais aux cérémonies religieuses catholiques, ce qui était une tradition à Lyon, mais ce qui l’était moins, c’était de venir aux fêtes de Kippour dans les synagogues ou aller à la mosquée de Lyon pendant la rupture du jeun. Qu’on mette ensemble les religions sur un plan d’égalité pour marquer que chaque citoyen de la ville ait un égal respect de la part du maire de Lyon et donc de la collectivité publique ! » 

 

C’est sûr, Lyon est une ville bien éloignée du pouvoir central et jacobin.


Marc Endeweld

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