Mon après-Fukushima en 8 étapes
par Laurent Chambon - Dimanche 27 mars 2011
Laurent Chambon est docteur en sciences politiques, spécialiste des minorités en politique et dans les médias, ancien élu local travailliste à Amsterdam et chercheur en sciences politiques, et est co-fondateur de Minorités.
Avec la catastrophe nucléaire de Fukushima et les révolutions arabes, je me retrouve au milieu d'un océan de messages ultrapolitiques dans toutes les langues sur les réseaux sociaux. Sur le gouvernement, le bonheur individuel et collectif, la propagande pro-nucléaire, les peuples contre les cleptocrates, la dépendance énergétique... Les Japonais commencent à se poser beaucoup de questions, mais on dirait que cette remise en cause de nos habitudes économiques et technologiques contamine désormais l’ensemble du monde. Cela passe par des choses aussi triviales que des parutions sur le recyclage systématique des objets quotidiens dans Appartment Therapy ou par la remise à plat de notre consommation technologique dans le New York Times. Mes amis nippons se vautrent désormais dans la philosophie française des années 1960, en particulier Deleuze, Guattari et Foucault, pour essayer d’imaginer des outils politiques qui vont leur permettre de sortir de l’impasse consummériste et nucléaire. Et nous, alors?
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ela fait deux semaines que tout le monde n'a que Fukushima à la bouche et de la prise de conscience que cela a représenté. J’ai passé des heures avec ma famille et mes amis à parler de choix technologiques. Les conclusions sont: (a) nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller autant les ressources naturelles et énergétiques, (b) nous devons pouvoir court-circuiter la politique qui est au service des industriels qui profitent des gaspillages, (c) notre but doit être le bonheur et non l'accumulation de biens.
Et puis, plutôt que de vous imposer un exposé sur les dangers du nucléaire (même si j’ai passé ma soirée d’hier avec mon mari sur Wikipedia à lire la différence entre les rayons α, β et γ et les différents isotopes du plutonium) ou sur les mérites du dernier iPad, j’ai décidé de voir plus large et de vous proposer une mise à plat de nos pratiques en 8 points personnels.Â
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1. On vire la télé
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Le première chose dont on doit se débarrasser pour commencer à dépolluer notre vie, c’est la télé. Même une vieille télé est un objet de convoitise: laissez-la dans la rue avec un petit mot du style «adoptez-moi» et elle disparaîtra dans la demie-heure.
Babozor, barbu de la grotte (et accessoirement mon frère), ex-téléphage niveau 7 (il faisait une antenne avec une fourchette quand nos parents avaient cru avoir trouvé le moyen ultime pour l'empêcher de la regarder pendant leur absence) : « Au lieu de passer ses soirées assis à côté de votre femme/mari à regarder la télé, vous allez passer vos soirées avec votre femme/mari, à lui parler pour de vrai et interagir avec elle/lui. »Â
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« La télé s’est imposée dans les familles au point que la pièce à vivre est désormais organisée autour d’elle, avec ces canapés à méridiennes conçus pour passer sa soirée devant. Même ceux qui disent ne plus faire attention à la publicité en sont gavés. Le seul moyen efficace de couper tout ça est de se débarasser de l'objet et de réorganiser sa vie. »
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« Avec toutes les pubs, on pense qu’on a vraiment besoin d’une Prius pour aider la planète, mais c’est de la propagande. Le mieux c’est encore de ne pas avoir de voiture. On n’a pas besoin de toutes ces choses joliment présentées. »
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Le poids de la télévision est énorme dans nos vies. On passe tellement d’heures à la regarder alors qu’elle ne nous détend pas vraiment. Surtout, elle est un outil d’ordre social et économique sans commune mesure: les nouvelles y sont mises en scène, les désirs sont programmés et l’attention détournée des choses essentielles. Elle a permis à Berlu et Sarko d’arriver au pouvoir et de s’y maintenir, et ce n’est pas demain que les gouvernements ou les grandes entreprises voudront que vous vous en débarrassiez: c’est un médium tellement pratique et facile à contrôler. Bien plus que les réseaux sociaux.
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À la maison, nous regardons surtout des séries américaines (considérées désormais pour les meilleures comme l’équivalent moderne des romans, et toutes sont trouvables sur le net) et les actualités (qu’on consulte de plus en plus sur nos iPhones, chacun dans nos langues préférées). Après avoir envisagé de mettre la télé (la dernière télévision cathodique de toute l’île) dans une autre pièce, puis de clore notre abonnement au câble (qu’on utilise à peine) pour la télé numérique (et passer de 500 à 20 chaînes), nous avons finalement décidé de débrancher la télévision. J’ai dû agiter la perspective d’un iPad ou d’un abonnement cinéma, on verra si c’est nécessaire dans quelques mois.
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2. Dix fois moins de gadgets techno
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Une fois qu’on a un smartphone, il n’est plus vraiment nécessaire de s’encombrer d’autres objets technologiques. Donnés ou jetés: les iPods, la tablette Archos qui n’a jamais vraiment servi car mal conçue, le GPS, l’ordinateur de bureau avec écran plat et tour monstrueuse qui chauffe autant qu’un sèche-linge, l’appareil photo avec plein de millions de pixels, la caméra vidéo qui n’a jamais vraiment servi, les clés USB et autres lecteurs divers (disquette!?), les lecteurs/enregistreurs minidisc, le lecteur de CD, le lecteur de DVD, le graveur de disques.
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Tellement de gens dépensent une fortune dans des appareils photo numériques alors que leur téléphone prend des photos aussi bonnes. Si c’est pour poster les photos de votre dernière soirée sur Facebook ou montrer à mémé que le petit a grandi, a-t-on vraiment besoin d’autant de millions de pixels?
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Nous avons choisi de garder notre téléphone intelligent, un laptop personnel chacun avec des disques de sauvegarde et des sauvegardes « dans les nuages », nous avons mis les CD dans le garage et sommes en train de trier la montagne de câbles que nous avons accumulés en une décennie. De quoi monter une boutique vintage pour les amateurs de câble. Toute le reste: goodbye!
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3. Touche pas à mes livres
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Un livre, c’est retina display total: haute définition 3D quelle que soit le temps, batterie infinie préchargée, mémoire totalement inaltérable (sauf avec de l’eau, et encore), il n’y a pas de DRM et son utilisation est totalement transférable à des tiers, et c’est compatible avec tous les types de lunettes. Avec un crayon en vente libre n’importe où sur terre, on peut y ajouter nos notes, des dessins et marquer les passages importants, et n’importe quel bout de papier fait office de marque-page. Super, non?
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Mieux: quand on le lit, on n’a pas à payer d’abonnement, le gouvernement ou votre fournisseur d’accès ne sait pas que vous le lisez ni combien de temps vous passez dessus. Et si vous le prêtez ou donnez à quelqu’un, les paramètres de confidentialité restent inchangés.
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Personnellement, j’adore être entouré de livres. J’en ai dans toute la maison: dans la cuisine pour les recettes (totalement sans fil!), sur ma table de nuit selon l’humeur dans laquelle je veux m’endormir, dans le salon, dans le bureau... La seule angoisse est que la bibliothèque se remplit plus vite que je n’ai le temps d’acheter des éléments supplémentaires.
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Par contre, malgré le harcèlement commercial dont nous faisons l’objet, nous ne prenons plus d’abonnement à quelque journal que ce soit: des tonnes et des tonnes de papier, des nouvelles que nous pouvons lire en mieux et plus rapide en ligne (la version mobile du site néerlandais nu.nl est un modèle du genre pour ceux qui n’ont pas l’app), et tellement moins de pub.
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4. Se mettre au vélo
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Nous avons la chance de vivre à Amsterdam, une des villes les plus amicales envers pour les vélos, mais beaucoup de mes amis ailleurs, en France ou dans le reste du monde, n’ont plus de voiture. Un bon vélo et une app des horaires des trains suffit. Pour bien gérer ses trains, l’app des chemins de fer suisse est un modèle du genre. Aux Pays-Bas, vu l'accès quasi-universel à Internet, la compagnie nationale NS a décidé de basculer en mode numérique uniquement et de ne plus éditer les horaires sur papier: l’app NS Reisplanner est de loin l’une des plus téléchargées et utilisées du pays.
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Je sais que faire du vélo à Paris n’est pas toujours facile: entre le harcèlement des policiers parisiens envers les cyclistes, l’agressivité des taxis et des scooters, la dangereuse inconscience des chauffards et une infrastructure pas du tout à la hauteur, on a parfois l’impression d’être un pionnier du deux-roues. Clairement, les choix politiques portent encore sur la voiture. Seule une masse critique de cyclistes pourra changer cela.
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J’évolue peut-être dans les mauvais cercles, mais je ne connais personne qui a lâché sa voiture pour un vélo qui l’ait regretté. À part les ruraux hardcore comme La Lestrade qui ont besoin d’une voiture pour aller chercher leurs amis à la gare et transporter des pierres et des troncs d'arbres pour leur jardin, nous ne sommes plus les seuls à avoir fait le choix du zéro voiture.
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Signe des temps: mon mari moitié-américain, qui a littéralement grandi avec la bagnole depuis son adolescence et pour qui un weekend sans voiture était impensable, ne supporte plus les trucs motorisés. Les dernières enquêtes sur la mobilité aux Pays-Bas montre que la majorité a basculé dans l’irritation vis-à -vis des bagnoles et des scooters, même ceux qui en ont. Une première historique que les politiques ont encore du mal à comprendre.
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5. Repenser le lieu de travail
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À moins de devoir être physiquement présent à un endroit précis pour recevoir des gens (service) ou travailler avec eux (production), on n’a plus vraiment besoin d’être tout le temps dans un bureau loin de son habitation.Â
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Après avoir galéré pendant des décennies et dépensé des milliards en infrastructures pour réduire les embouteillages entre Amsterdam et ses villes satellites, les autorités de la Randstad ont demandé aux entreprises d’envisager sérieusement le télétravail. Des fonds ont été débloqués pour les aider à gérer le changement en interne, soit en permettant aux gens de pouvoir travailler chez eux plus souvent, soit en mettant en place des espaces de travail décentralisés ailleurs que dans ces grandes tours de bureau.
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De plus en plus d’employés vont donc travailler de chez eux, d’autres se rendent à un centre pas loin de chez aux, où ils rejoignent des collègues de leur entreprise, ou bien des gens avec qui ils partagent un espace de travail, l’infrastructure informatique ou même des secrétaires. En 2011, il était temps. Les salariés adorent ne plus vivre dans leur voiture, et beaucoup d'entreprises finissent par s'y résoudre parce que ça coûte moins cher, en fin de compte.
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Le problème est souvent culturel et managérial. Ce n’est pas toujours évident d’apprendre à travailler chez soi sans trop glandouiller. Les chefs n’ont pas forcément les outils managériaux et culturels pour faire travailler leurs employés sans être sur leur dos ou les voir continuellement en vrai.Â
Surtout, les départements en charge de l’informatique sont très souvent un repère de dictateurs technologiques incompétents, soudoyés par Microsoft et qui voient les machines comme des objets de pouvoir et non comme des outils de travail pour les autres. Après leur avoir donné tant de pouvoir et d’argent, ça ne va pas être facile pour les organisations de les remettre au service des travailleurs.Â
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Il va falloir que le prix de l’énergie augmente vraiment beaucoup avant qu’elles osent aller défier leurs services informatiques et leurs petits chefs...
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6. La nouvelle étiquette
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C’est en lisant un article du NYT « Don’t Call Me, I Won’t Call You » sur le fait qu’on ne se téléphone plus autant qu'avant que j’ai réalisé que les règles sociales entourant les modes de communication ont vraiment changé depuis quelques années.
Beaucoup de gens n’ont plus de téléphone fixe, et ceux qui en ont un ne veulent plus y être appelés par leur travail ou les vendeurs de cuisine à crédit. C’est réservé à la mémé qui n’a pas de portable ou aux appels internationaux, en gros.
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En fait, à moins qu’on soit dans le cercle amical ou familial proche, ça se fait de moins en moins d’appeler les gens. Certainement pas à l'improviste en tous cas. On prend un rendez-vous téléphonique par email, et souvent on préfère un appel en visiophone (Skype, Facetime, Gtalk...) pour voir aussi son interlocuteur. Sinon, on envoie un message.
La plupart des gens à qui j'en ai parlé m'ont dit qu'ils se servent de leur téléphone pour régler des choses pratiques rapidement, et que si un email n'est pas assez clair, ils préfèrent voir les gens en vrai.
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Quant aux conversations des autres, elles sont de plus en plus perçues comme une nuisance, ou une forme d’obscénité, et on est de moins en moins enclin à vouloir que les autres puissent suivre nos conversations personnelles. Le boss de Disney a raconté une adecdote qui m’avait marqué: dans sa voiture, sa fille et ses copines s’envoyaient des messages via le téléphone. Il leur avait demandé pourquoi elles ne parlaient pas directement entre elles vu qu’elles étaient dans la même voiture. « Mais papa, on n’a pas forcément envie que tu saches de quoi on parle entre copines. » Le Monde nous parle de la fin de la vie privée chez les jeunes... clairement ils n'ont rien compris. Ce n'est pas parce qu'on se met en scène sur Facebook qu'on laisse tout le monde écouter nos conversations.
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L’autre jour, j’étais dans l’intercity entre La Haye et Amsterdam. J’ai demandé à une gourdasse avec un faux accent de riche qui en était à son troisième appel pour rien d’aller raconter sa vie ailleurs que dans ce wagon, car cela ne nous intéressait vraiment pas. Quand elle a finalement fermé son téléphone, je me suis fait applaudir par les autres voyageurs.Â
D'ailleurs, pendant les heures de pointe, les gens se bousculent pour trouver une place dans les wagons avec « silence — stilte » marqué sur les vitres pour ne plus avoir à subir la conversation téléphonique des autres. C'est dire...
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7. L’angoisse des emballages
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Cela fait plusieurs années que nous faisons attention à ce que nous mangeons. C’est un choix politique, mais aussi de santé. On ne rajeunit pas et notre nourriture est un moyen très important pour vieillir le moins mal possible. Pourtant, notre poubelle bi-hebdomadaire ne diminue pas, au contraire.Â
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Les tomates sont emballées dans une cagette en plastique, elle-même enrobée d’un sac recouvert d’une étiquette couleur, alors que les tomates sont cultivées à 5km, sous les serres près de l’aéroport. Certains jus de fruits ont un emballage de plastic qui pèse presqu’autant que leur contenu. Des fois, j’ai vraiment honte et, de plus en plus, je refuse d’acheter certains produits tant leur emballage frise le ridicule.
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C’est en parlant avec mes voisins au supermarché du quartier que je me suis rendu compte que beaucoup d’entre nous ont le même problème vis-à -vis de cette débauche de plastique.
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L’arrondissement d’Amsterdam Centrum, dans la lettre bimensuelle aux habitants (en bas à droite de la première page), a fait une liste de nos déchets, avec le temps qu’il faut pour qu’ils soient dégradés. Je la reproduis car elle nous a beaucoup fait réfléchir:Â
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— serviette en papier: de quelques jours à 6 mois
— gobelet en carton: au moins 6 mois
— peau de banane: de 1 à 3 ans
— mégot de cigarette (plein de produits chimiques): 5 à 10 ans
— bouteille en plastique: 5 à 10 ans
— cornet de frites en plastique: 10 à 20 ans
— boîte de conserve: 15 à 50 ans
— chewing gum: 20 à 25 ans
— canette en aluminium: de 80 à des millions d’années
— bouteille de verre: un million d’années
— gobelet en polystyrène: jamais
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8. La fin de l’obsolescence
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Un des gros problèmes politiques à venir va être de pouvoir imposer la fin de l’obsolescence programmée des objets, source de gaspillage énorme de ressources et d’énergie. Fini les chaînes hifi ou les télés qui ne marchent plus parce que les normes ont changé et que certaines parties ont été programmées pour ne plus fonctionner après cinq ans. Fini les vêtements qui se déchirent après trois lavages. Fini les mises à jour qui rendent vos objets lents et impropre à la consommation.
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À part un mouvement puissant de la part des politiques et des consommateurs, je vois mal les industriels s’y prêter de bonne grâce: le gaspillage est encore beaucoup trop profitable.
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Mieux, il va falloir redonner le pouvoir aux consommateur et leur permettre de réparer ou faire réparer leurs objets. C’est ce qu’on appelle la réparabilité. Curieusement, contrairement aux apparences, ce n’est pas Apple qui est le moins réparable: on trouve des instructions de réparation sur leur site, mais aussi sur des sites dédiés.
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Les aventures de mes jolies enceintes transparentes Harman Kardon ne devraient jamais pouvoir avoir lieu dans un futur idéal: mauvais contact de la prise d’alimentation, l’ensemble était assemblé et collé sans pouvoir être réparé, alors qu’une petite soudure de rien du tout aurait pu les réparer, il a fallu les jeter. Un scandale total, avec le sourire carnassier du vendeur de l’iCentre qui se voyait déjà me refourguer la nouvelle version.
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Donc voilà , nous sommes dans l’après-Fukushima. Les politiques semblent tétanisés par le chantage au chômage des industriels, le lobby nucléaire et le culte de la croissance. À nous tous d’imaginer comment on va survivre à tout ça. Après mes huit points du moment, à vous de trouver comment vous allez vous y prendre. N'hésitez pas à nous envoyer vos idées.
