Les Suisses sont des sales cons...

...Et les Français des anges. Rue89 avait repris mon texte « Black, Blanc, Beur. Et puis c’est tout » en coupant quelques passages et en lui donnant un autre titre qui donnait peut-être un autre sens à ce texte, à savoir « Gay, adopté, Suisse : ma peau, seul problème en France ». Les réactions sur Rue89 ont fusé. S’il y avait des commentaires positifs, d’autres émettaient l’idée que je n’avais qu’à me casser, accepter de vivre dans le monde « Moderne », la France de Souche me signifiait simplement et gentiment de me la fermer si je n’étais pas content... En fait, mon seul problème en France, ce n’est pas tant ma couleur de peau, mais surtout d’être... suisse !

filet
Nasha Gagnebin

par Nasha Gagnebin - Dimanche 27 février 2011

De nationalité suisse, il s'engage à 18 ans en politique. Détenteur d'un MA Cinéma et Sciences politiques, il rejoint Paris cette même année, milite au sein d'un parti français et obtient un MFA en Réalisation cinématographique. Travaillant dans l'audiovisuel, il est râleur professionnel, militant à ses heures.  

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...Et les Français des anges. Rue89 avait repris mon texte « Black, Blanc, Beur. Et puis c’est tout » en coupant quelques passages et en lui donnant un autre titre qui donnait peut-être un autre sens à ce texte, à savoir « Gay, adopté, Suisse : ma peau, seul problème en France ». Les réactions sur Rue89 ont fusé. S’il y avait des commentaires positifs, d’autres émettaient l’idée que je n’avais qu’à me casser, accepter de vivre dans le monde « Moderne », la France de Souche me signifiait simplement et gentiment de me la fermer si je n’étais pas content... En fait, mon seul problème en France, ce n’est pas tant ma couleur de peau, mais surtout d’être... suisse !

A

lors bien que la vie soit faite de clichés, j’accepte, je le reconnais et j’avoue, j’en ai quelques-uns sur la France. Et je n’hésite pas à critiquer, commenter la situation politique actuelle en de superbes commentaires modesto-acerbes sur Facebook déclenchant des réactions à la FN chez certains petits camarades encartés au PS (comme quoi...), des citations de mes phrases entre guillemets pour éviter de devoir trop « réfléchir », un gloussement jubilatoire et de « multiple-like » chez mes contacts suisses, une lecture attentive et un oubli progressif volontaire de ne plus rien lire chez une majorité des autres et un « quel salaud ce Nasha » avec un sourire narquois chez les amis les plus proches qui savent que de toute façon, si je n’aimais pas la France, je me serais tiré depuis belle lurette.

Non, mon Facebook ne sert en général pas à envoyer des Kikoolove-status, du genre « il fait trop beau aujourd’hui, mes papillons de l’amour s’envolent vers vous avec mes tendres messages. » Oui, mes statuts Facebook sont acides, provocateurs, cyniques, souvent accompagnés d’une notation sur 20 du degré de « cynissitude » sur la phrase fraîchement écrite. On m’a dit que mon attitude pourrait faire fuir une partie de mes contacts, mais mon Facebook, on l’aime ou on le quitte, – on adopte très vite les coutumes locales, que voulez-vous... Les autres me connaissant suffisamment savent que l’ironie prévaut, que le double sens est parfois plus subtil qu’un « Ce Monsieur était à l’aéroport avec son jet privé en direction de mon hôtel » et qu’en réalité, ce n’est jamais très bien méchant.

On m’a critiqué ouvertement pour ne jamais m’en prendre à la Suisse et à son gouvernement, à ses saletés de banques crapuleuses et frauduleuses, à son comportement parfois misogyne, conservateur, nationaliste et replié sur elle-même. En même temps, une grande majorité de Français ne connaissent pas leurs « Amis Suisses » (on n’est pas vos amis, bordel ! On est juste vos voisins que vous ne daignez jamais regarder avec un air autre que condescendant « à la Parisienne » !), France 3 pense que la capitale de la Suisse est Genève, et que personne en Suisse ne connaît autant bien la France que les Français eux-mêmes.

 

Grave(s) erreur(s) d’appréciation.

 

 

Pour dénoncer les clichés et les généralisations,

utilisons donc les clichés et les généralisations

 

Il y a encore quelques années de cela, quand j’étais en Suisse, où le numéro 1 de ma télécommande, comme pour la quasi-majorité des ménages, renvoyait sur UMP-TV (TF1 pour ceux qui n’avaient pas remarqué que le logo était identique) et qu’il fallait attendre la touche 4 pour avoir la première chaîne nationale suisse romande (de langue francophone), j’étais un petit jeunet de gauche, engagé avec mes idéaux de solidarité et d’ouverture, de tolérance, d’anti-nationalisme et d’anti-populisme de l’Union Démocratique du Centre, parti suisse servant de référence au Front National en ces temps d’interdiction des Minarets et de renvois des criminels étrangers de Suisse.

 

La majorité des Français, à part les vagues clichés qu’ils ressortent à longueur de temps, n’y connaissent rien de la Suisse. Quand la Suisse vote, on entend les élites françaises (et la France d’en bas aussi parfois) crier au loup, renier le fait que le peuple ne sait décider en toute connaissance de cause – par contre, lorsqu’il faut que ce même petit peuple élise les élites, les Kouchner et consorts adorent le peuple qui a tout compris, surtout quand il vote pour eux. Bref, c’est pénible, surtout que la France a ce défaut professionnel de tout regarder tout le temps à travers ses propres lunettes, elle applique ses théories et sa devise à toutes les situations, elle attend de la « Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité » de tout le monde, alors qu’elle doit être la dernière à vraiment appliquer ces termes à elle-même parmi les démocraties  « occidentales ».      

 

Son Universalisme bien-pensant ne lui permet plus de comprendre les Autres sans porter un jugement d’intérêt « international », elle sait toujours mieux, elle pense toujours mieux, elle agit toujours mieux que tout le monde. Son système devrait être appliqué à tous les pays du monde qui eux, n’ont rien compris à la vie. Elle déteste recevoir des leçons des Autres alors qu’elle en donne à tout le monde, tout le temps. Lorsque la votation très controversée sur les Minarets a été actée, les médias français ont quasiment et systématiquement écrit le terme de votation entre guillemets, comme si le terme devait être pris comme un néologisme ou une faute de français. Décidant d’étendre sa superbe démocratie à une « super-superbe » démocratie elle a donc inventé le « référendum d’initiative populaire » quand le référendum et l’initiative populaire existaient déjà en Suisse et que les deux termes sont très différents dans leurs pratiques et leurs actions.

 

Bref, lorsque la votation sur les Minarets a été actée, je me suis senti le pire des cons. Bien qu’ayant voté contre l’interdiction des Minarets (et non pas contre les Minarets, mais le français est parfois trop compliqué à comprendre pour les Français), j’étais donc un citoyen d’un peuple de salauds, de racistes, de gros beaufs, d’escrocs, de voleurs des Juifs, de collabos nazis, de SS, d’un peuple de « putes », et minoritaire dans mon vote, j’étais assimilé à tous ces gens qui avaient voté contre l’édification des Minarets. Mais c’est la démocratie et me retrouver dans le camp des perdants lors des votations m’est familier. C’est vrai qu’en France, on préfère interdire 2 mètres de tissu sur la tête d’une femme dans la rue que 2 tonnes de béton d’un minaret dans la rue. Les Caroline Fourest et compagnie ne savaient plus où donner de la tête, leurs arguments concernant la laïcité tombaient dans l’eau, alors qu’ils se battent pour supprimer le financement des cultes, point de soucis pour financer l’édifice des cultes qui de surcroît n’est pas obligatoire dans la pratique de la prière. Le paradoxe français et de ses élites bien pensantes était là, dans toute sa splendeur. Alors ce vote a été décrypté, analysé. Évidemment, uniquement avec des invités Français (pas de Suisses, non surtout pas, il faut discuter de ce qu’il se passe dans leur pays sans avoir leur avis...) jugeant une situation d’un autre pays, qui lui ne fait pas référence explicitement à la laïcité dans sa constitution et dans ses lois et encore moins sur son... drapeau.

 

Et puis est venu, après les insultes de l’intelligentsia française et les statements de la diplomatie kouchnerienne-sarkozyste, le crachat: alors que je prenais le métro parisien affublé d’un petit drapeau suisse accroché sur mon sac depuis bientôt 10 ans, je me suis fait copieusement insulter et cracher dessus par deux types issus de minorités, m’insultant et me traitant de « sale raciste Suisse de con ».

 

Et puis un peu avant, il y a eu la crise. Évidemment quand crise économique il y a, ce sont toujours les étrangers qui ramassent la patate chaude en premier. Alors si en plus, l’étranger est soi-disant riche alors là... Le système des subprimes met l’économie mondiale en péril ? C’est la faute du secret bancaire suisse, voyons ! Nous avons donc assisté à un lynchage de la Suisse au G20, décidé à Londres, place financière européenne la plus opaque, en la mettant sur une liste des paradis fiscaux. Parce que pour tous les débiles profonds, la Suisse est un paradis fiscal, blanchisseuse d’argent sale, — à part l’argent sale du Louvre qui lui expose des œuvres spoliées aux Juifs, alors effectivement on peut dire que la Suisse lave blanc. Il suffit de lire la définition d’un paradis fiscal.

 

Dès lors, dire que la Suisse en est un est une insulte pour tous les citoyens suisses qui voient passer un à deux salaires par an dans leurs impôts. Les Suisses travaillent 42h par semaine, c’est toujours 7 heures de plus que les Français, jusqu’à 65 ans et bientôt 67 ans et ne font pas la grève toutes les 2 minutes. Ce sont des bosseurs, ils triment, ils reçoivent des hauts salaires, mais payent des impôts énormes. Quand on sait qu’avec moins de 1730 € par mois, on est considéré en Suisse comme pauvre, on peut reconsidérer la « richesse » des gens. Mais évidemment, les Suisses sont riches car ils ont volé l’argent des Juifs. Alors évidemment, l’argent des Juifs volés et en plus, l’argent caché de tous les contribuables français version L’Oréal (pour la petite histoire, là, les fraudeurs sont des Français, pas des Suisses – CQFD) permet aux Suisses de s’enrichir encore et toujours plus, que demande le peuple... La France économique va mal ? C’est la faute aux Suisses. Evidemment. Mais est-ce que le retour de cet argent caché en Suisse dans les caisses de Bercy ont profité au quidam français ? La réponse est non. Suppressions de postes dans les services publics, et renflouage des banques de la BNP et de la Société Générale. Le citoyen français ne verra donc aucune amélioration de ses conditions de vie avec l’argent de retour au pays et aucune augmentation de son salaire pour retour d’argent planqué en Suisse à la maison France.

 

Alors comme ça, ces banques sont toutes des chiennes, et les Suisses et leur Gouvernement avec. Les régimes tombent les uns après les autres en Tunisie, en Egypte et bientôt en Libye, ou là, même avant que le régime ne soit tombé, la Suisse a déjà gelé les fonds de toute la famille Kadhafi bien avant que l’UE décide éventuellement de le faire et quelques jours avant les USA. Cela était courageux et a probablement convaincu les USA et l’UE de suivre l’exemple de la Suisse. Et pour la Tunisie et l’Egypte, que fait la Suisse ? Elle bloque également l’argent. Que fait la France. Euh... toujours rien. Alors que le magazine Challenges diffusait un article sur l’exemplarité de la Suisse dans la traque anti-Ben Ali, il suffit de lire les commentaires sur les sites des journaux français. Les Suisses (et donc non pas les banques suisses, niveau généralisation c’est le pompon) sont des salauds, des sales petits profiteurs, des voleurs, des escrocs. Bref, changeons le terme et posons les sur les termes « Arabes » ou « Israéliens » et vous aurez SOS Racisme et le MRAP sur le dos. Mais le racisme et ses causes se choisissent. Et SOS Racisme et le MRAP ne disent jamais rien quand on traite un Suisse, forcément capitaliste, de sale « con ». Faudrait pas prendre les Oies du bon Dieu pour des canards sauvages, toute de même ! Et donc, malgré le fait que la Suisse ait bloqué l’argent de Ben Ali le 19 janvier 2011 et que l’UE ait commencé à éventuellement vérifier des « mouvements suspects » 15 jours plus tard et avoir acté le tout seulement le 4 février 2011, ça continue de « basher » cette Suisse « nauséabonde » et profiteuse. En oubliant totalement que si l’UE gèle aussi les avoirs de Ben Ali, apparemment, l’Union Européene abrite elle aussi des fonds mal propres. Mais ça, n’en parlons surtout pas. CQFD.

 

 

De l’helvétophobie à la française

 

Dans cette « helvétophobie » à la française, je me souviens particulièrement de l’article de Yann Moix en 2010 dans la revue de Bernard-Henri Lévy La Règle du Jeu qui parlait de la Suisse, intitulé « J’aime Polanski et je hais la Suisse ». Moix avait par la suite exprimé dans la presse et à la télévision son dégoût pour ce pays, comparant la population suisse à des « putes », comme si être pute était une injure, à des « mous salopards » et traitant le pays de « Gestapoland », « fondamentalement antisémite » et de « pays inutile », « pornographique ». Au début, tous les Suisses pensaient qu’il parlait de la France.... Mais en lisant « C’est un pays qui se vend sans cesse au plus offrant. Qui courbe incessamment l’échine devant le plus fort. C’est un pays qui fait basculer les choses vers le plus dictateur, le plus violent, le plus menaçant. La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires: la Suisse se prête au plus fort. Elle prête sa soumission. C’est une pute. Elle ne se donne jamais mais se prête toujours. Elle se prête avec intérêt. Elle se loue. Elle se sous-loue. Elle fait des offres. Elle écarte les jambes quand viennent à passer un officier nazi, ou une très grande puissance comme, par exemple, aujourd’hui, nos amis les Etats-Unis », nous étions forcés de concevoir qu’il parlait de nous. Et dire que BHL le soutient totalement tout en se battant contre le racisme. Mon cul — faux-cul, ouais ! Bref, ce Moix exprimait publiquement et avec la grâce toute connue des franchouillards son « amitié » pour les Suisses, esprit somme toute assez proche de l’atmosphère ambiante actuelle. Interviewé par Ruquier sur « On n’est pas couché », et après avoir lu un bout de son vomi haineux, le public de France2 a... applaudit. Oui, le racisme en France s’applaudit à la télévision publique. Laurent Ruquier y alla de son humour, précisant que depuis que son ami zurichois avait retiré les deux S à «couscous» du nom de son restaurant nommé le « Couscous Suisse » et les avait collés sur la porte, le restaurant de ne désemplissait pas. Oui, les Suisses sont donc des SS... Edifiant. Ah, c’était de l’humour. Mais bien sûr...

 

Alors si la Suisse agit en matière de blocage de fonds sur ses comptes (voire même une 1⁄2 heure après la chute de Moubarak) et que la France regarde, propose une aide policière, voyage dans les jets privés ou fait des vacances pour le nouvel an, mais n’a encore rien fait pour bloquer l’argent sur les comptes en France, bref malgré tout cela, malgré le fait que le Gouvernement suisse soit pour l’instant 100 fois plus clean que le Gouvernement français, la Suisse (donc les Suisses) restent des sales cons, des salauds, des escrocs « essayant de se racheter une virginité » comme l’écrivait un internaute dans son commentaire haut de gamme. Je me souviens même un jour avoir été traité personnellement de « financeur du terrorisme international » par une personne qui ne savait même pas que les règles suisses de blanchiment d’argent sale étaient les plus sévères d’Europe après l’histoire honteuse des fonds juifs en déshérence pendant les années nonante.

 

L’argent sale en Suisse est donc disposé dans les banques suisses. L’argent sale de Bongo aurait         apparemment servi à financer les partis politiques français. Comme quoi, les plus crades ne sont pas forcément là où on pense qu’ils sont. Et ce ne sont pas les immeubles des côtes maritimes françaises appartenant à certains « démocrates » chefs d’états africains qui feront que la France est super clean comparé à la Suisse...

 

 

Exception diplomatique française :

La France accuse la Suisse de prendre en otage l’UE

et ne blâme pas ses « amis » libyens

qui eux retiennent deux otages suisses.

 

Lorsque la Suisse avait deux otages en Libye pendant plus d’un an, Kouchner avait, après avoir parlé de ses « amis suisses et ses amis libyens », traité la Suisse qui avait bloqué l’entrée de l’élite libyenne sur le territoire Schengen, de preneuse d’otage de l’UE, faisant passer les Droits de l’Homme et le soutien d’un pays voisin et « ami » après les intérêts économiques de la France et du bédouin campeur dans les jardins de Hypocrisieland. Le pays ayant des otages humains, était rendu par la France le preneur d’otage économique de l’Europe. Le monde à l’envers. Et la déchéance parfaite de la diplomatie française. Déjà à l’époque, Kouchner n’avait rien à envier à MAM et Boillon sur l’excellence de la Diplomatie française....

 

Alors avec toutes ces généralisations sur les Suisses et la Suisse, ces clichés et ce crypto-racisme ambiant qui se retrouvent au café du commerce, au sein de la diplomatie française ou sur Internet (tous mes posts sur les journaux français parlant de « propos déplacés » en réponse à ces clichés anti-suisses ont tous été censurés !) je me retrouve dans une situation débile où j’en viens à vouloir défendre mon pays, son histoire, pas plus reluisante que celle des autres pays (Vichy, Drancy et la SNCF Richtung Auschwitz ainsi que le vote des pleins pouvoirs par le Parlement à Pétain, c’était encore en France à ce que je sache), à devenir un patriote de gauche. On m’a dit de ne pas écouter. De laisser les chiens aboyer pendant que la caravane passait. On m’a dit que ce n’était pas grave, que ce n’était pas du racisme, que ce n’était pas vrai, que ce crypto-racisme envers la Suisse et ses citoyens n’existait pas. Bref, ma réaction épidermique n’avait pas lieu d’être.

 

Ce qui m’agace, c’est que cette réaction épidermique me dérange. Parce que j’en viens à vouloir défendre les banques suisses qui me dérangent aussi, parce que même si je ne voterai jamais UDC ou d’autres partis populistes de droite en Suisse, je reste blessé par cette haine de ce côté-ci du Doubs, de cette rancœur et de ces gifles que je reçois moralement chaque fois qu’on attaque mon pays d’origine sur des bases fausses ou pleines de clichés, m’assimilant de facto à un « salaud », un « escroc », un « con » ou je ne sais quoi d’autre...

 

Je me rends compte que je ne suis pas le seul à me sentir attaqué et politiquement cela créé des réactions absurdes et dangereuses. À Genève, depuis début 2011, il y a eu 5 braquages. Tous perpétrés par des Français. Et le Mouvement des Citoyens Genevois (MCG), parti populiste qui base son programme électoral presque uniquement sur un populisme anti-Français, en profite pour relayer une forme identique de haine. Le parti est passé de 0 sièges en 2001 à 17 sièges sur 100 en obtenant presque 15% des votes aux dernières élections législatives de la République de Genève en 2009. Son président avait diffusé un article titré « Halte à la racaille provenant de France ! » en 2010, alors que la section cantonale de l’UDC, autre parti populiste, avait diffusé des tracts traitant les citoyens savoyards d’Annemasse de « racaille ». Quand on sait que dans l’Ain et en Haute-Savoie, on a voté entre 52% et 63% aux Législatives de 2007 pour des candidats UMP qui sont membres du parti d’un homme devenu président et qui avait traité en France certains jeunes de « racaille », même si UDC et MCG attisent la haine, on ne peut s’empêcher de sourire de voir les arroseurs arrosés. La majorité des électeurs votant pour expulser la racaille de France sont devenus eux-mêmes de la « racaille » en Suisse. Et évidemment, le journal L’Express (qui lui aussi censure tout commentaire remettant en place le crypto-racisme français envers la  Suisse) s’offusquait de ces « xénophobes suisses ». Y’a pas de fumée sans feu...

 

En 2012, on votera donc tous pour le Front National Anti-Français (FNAF). Un seul article programmatique: « Le FNAF a pour but de remplacer tout personnel administratif et politique français par du personnel suisse, aimable, qualifié, travailleur 42h par semaine jusqu’à 65 ans, non gréviste, afin de faire de la France enfin une nouvelle colonie suisse 'amie', organisée, propre et utile au Monde. »

 

Finalement, toute cette histoire prouve qu’on est toujours le con d’un autre.


Nasha Gagnebin

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